En 8 minutes, on vous explique (simplement) pourquoi la loi "travail" pose problème.

August 30, 2017_   Entretien : Martin Bodrero
Hiérarchisation des normes, fusions des instances salariales, barémisation des indemnités prudhommales. Présentées comme ça, les mesures qui devraient êtres annoncées ce jeudi lors de la publication des ordonnances de la future loi "travail" semblent bien compliquées à comprendre. Pas de panique, en moins de 8 minutes, Loic Abrassart Inspecteur du travail et membre du syndicat Sud-Solidaire vous explique tout.

Loic Abrassart, jeudi 24 août  à l'université d'été européenne des mouvements sociaux organisée à Toulouse par l'association ATTAC.

 Vendredi dernier, le 25 aout, la concertation autour de la réforme du code du travail s'est achevée. Si elle a permis aux syndicats d'obtenir quelques informations sur le contenu des ordonnances, le gouvernement n'a pas révélé toutes ses cartes. Impossible de savoir quels arbitrages ont été rendu sur les sujets les plus clivants. 

 

C'est donc, seulement avec la publication , demain, jeudi 31 août, des ordonnances en vue d'une validation lors du conseil des ministres du 20 septembre que l'exécutif révélera enfin officiellement ses projets.

 

En attendant, de nombreuses fuites dans la presse permettent déja de se faire une idée des changements à venir. Des évolutions qui, d'après les syndicats et les associations spécialistes du travail, n'annonce rien de bon pour les salariés. 

 

"Les temps sont plus difficiles pour les salariés et tout ce qu'on nous

propose, c'est moins de protection."

 

Au delà, de l'explications de texte sur les mesures annoncées que donne Loic Abrassart dans l'entretien qu'il nous a accordé la semaine dernière lors de l'Université d'Eté Européenne des Mouvements Sociaux organisée par ATTAC à Toulouse. L'inspecteur du travail dénonce plus largement une loi "qui détruit les rapports de confiance entre salariés et employeurs" et fait le constat d'une "baisse générale de la protection des salariés". 

 

Une plus grande flexibilité pour les employeurs censée "faciliter l'embauche et donc réduire le chomage" affirme le gouvernement. Problème les exemples de réformes identiques déjà appliquées depuis plusieurs années en Italie et en Allemagne ne montrent pas de baisse significative du chomage.

 

Jeudi 24 août, un atelier de l'Université d'Eté Européenne des Mouvements Sociaux accueillait justement des chercheurs européens qui ont travaillé sur ce sujet (vous pouvez retrouvez le live tweet complet de cette conférence sur notre compte twitter @radioparleur).

 

Leurs conclusions sur l'impact de ces lois sont inquiétantes, pas d'augmentation de l'embauche et surtout une explosion des emplois peu ou pas qualifiés, précaires et de courte durée, la plupart dans le domaine des services. Un constat d'échec chez nos voisins qui semble de bien mauvais augures avant la publication des ordonnances ce jeudi.