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le blog du nouveau parti anticapitaliste (npa)

jeudi 26 novembre

PETITION POUR REUSSIR COPENHAGE ET SAUVER NOTRE PLANETE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

SOYEZ NOMBREUX à CLIQUER SUR CE LIEN ET SIGNER CETTE PETITION QUI FERA PRESSSION SUR LES CHEFS D'ETATS ET DE GOUVERNEMENTS QUI NE FONT PAS ASSEZ ET NE S'ENGAGENT PAS ASSEZ POUR NOTRE PLANETE ET POUR DES OBJECTIFS CHIFFRES PRECIS. FAISONS PRESSION SUR EUX EN SIGNANT CETTE PETITION, MERCI  :   http://www.copenhague-2009.com/            

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DIAGNOSTIC POUR COPENHAGE ,DERNIERE ALERTE DES CLIMATOLOGUES AVANT LA CATASTROPHE !!!

Températures depuis 1840   Cet après midi, une équipe internationale de climatologues a publié un ultime rapport avant la Conférence de Copenhague. Il présente les dernières avancées de la recherche sur l'évolution actuelle du climat et sa réaction aux émissions massives de gaz à effet de serre par les hommes. Son résumé est ici en français.

«Presque tout est allé plus vite que ce que nous avions prévu. Les émissions de gaz à effet de serre, l’évolution des températures, la hausse du niveau des mers, la fonte des glaciers polaires… Ce qui ressort de ce document alarmant alors qu’il n’exagère rien, c’est qu’il va devenir très vite impossible d’éviter un changement climatique majeur, supérieur aux 2°C de plus évoqués comme limite de l’acceptable, si des décisions importantes ne sont pas prises à Copenhague». C’est ainsi que Nathalie de Noblet, spécialiste de l’usage des sols au Laboratoire des sciences de l’environnement et du climat (CNRS/CEA) présente la rude piqûre de rappel de science injectée aujourd'hui par les climatologues.

Cette injection à destination des gouvernements prend la forme d’un document de 62 pages intitulé «Copenhagen diagnosis». Il résume les avancées les plus récentes de la recherche depuis 2005, absentes du dernier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) paru en 2007.

C’est en août 2008 que l’idée d’un tel rapport est née, en Australie, aux Etats-Unis et en Allemagne. Ses initiateurs, Matthew England, Ben McNeil, Stefan Rahmstorf et Richard Somerville, ont réuni une équipe internationale de 26 scientifiques, la plupart auteurs principaux ou contributeurs des rapport du Giec. Le résultat, clair, appuyé sur des centaines de publications, répond à la plupart des interrogations popularisées par quelques autoproclamés «sceptiques» et lobbyistes d’une économie droguée au carbone fossile. Il montre que les évolutions les plus récentes, tant de la cause du changement climatique - les émissions de gaz à effet de serre et singulièrement celles dues à l’usage massif du charbon, du pétrole et du gaz naturel - que de ses effets, conduisent plutôt à une aggravation du diagnostic scientifique. «A chaque fois que des incertitudes sont résolues, cela débouche sur un changement plus rapide et un climat plus sensible (à l’effet de serre renforcé) que prévu», écrivent les auteurs du rapport. La suite de cette note rapporte certains des points saillants du rapport, mais sa lecture complète est recommandée.

L’évolution des températures, la rapide élévation du niveau des mers, l’augmentation de la vapeur d’eau dans l’air plus chaud (ce qui amplifie l’effet de serre), l’acidification des océans, la réaction des écosystèmes… tous les signaux sont allumés. Certains de manière spectaculaire.

Banquise arctique  Ainsi, la rétraction de la banquise arctique durant l’été dépasse depuis trois ans de 40% les prévisions, explosant la limite basse de ces dernières. La réaction des calottes polaires a elle aussi chamboulé les prévisions. Le Groënland et l’Antarctique perdent de la glace par centaines de milliards de tonnes par an. Or, les glaciologues comptaient sur l’Antarctique pour y stocker plus d’eau, en raison de chutes de neige plus abondantes. Du coup, la montée des mers accélère.

Les océans montrent d’autres signes inquiétants : réchauffement, acidification menaçant les organismes à coquilles, extension des zones peu oxygénées, stress des coraux… Tous phénomènes Banquise arctique et modèles qui vont entrer en synergie avec la surpêche et la  fragilisation des écosystèmes pour amplifier la pression sur de précieuses ressources naturelles exploitées par l’homme.

Les scientifiques s’inquiètent de voir des «effets de seuils irréversibles» se multiplier au fur et à mesure de la transformation de la planète. Certains sont encore très incertains. Ainsi l’avenir de la mousson africaine, dont dépend la nourriture de dizaines de millions d’habitants du Sahel, demeure énigmatique entre un possible «verdissement» et à l’inverse des sécheresses plus fréquentes et plus rudes qui pourraient exiger un recul massif des hommes vers le sud. D’autres, comme la mousson indienne ou la rétraction des puits de carbone forestier, peuvent mettre en péril de vastes populations ou donner un coup d’accélérateur au changement climatique.

Trajectoire des émissions  Ce rapport éclaire crûment les enjeux de la Conférence de Copenhague, réunissant les pays signataires de la Convention Climat de l’ONU. Il montre en effet que la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre doit s’infléchir vite, si l’on veut se donner une chance d’éviter un dérapage climatique majeur après les années 2050. Le dernier graphique du rapport montre comment n’émettre que 750 milliards de tonnes de carbone entre 2010 et 2050 - ce qui donne une chance raisonnable de ne pas dépasser les 2°C supplémentaires - avec trois chemins mathématiquement équivalents. Ils passent par trois dates à partir desquelles les émissions mondiales diminuent, 2011, 2015, 2020. Le premier chemin permet d’utiliser encore du carbone fossile en 2050 et de ne diminuer ses émissions que de 3,7% par an. Mais le troisième suppose un arrêt complet des émissions en 2040, malgré une diminution de 9% par an. Le bon sens populaire est d’accord avec les climatologues et s’oppose aux économistes libéraux : c’est en s’y mettant vite que l’on peut viser le moindre effort.

émissions CO2 depuis 1980  Sur ce graphique, les émissions de gaz carbonique issus de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Elles suivent le pire des scénarios étudiés, quasi alignées sur l’évolution du PIB mondial, comme l’atteste la petite baisse enregistrée depuis 2008, consécutive à la crise économique.

Si les émissions se poursuivent au même rythme, la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, déjà passée de 280 parties par millions (ppm) avant la révolution industrielle à 385 ppm aujourd’hui pourrait aller jusqu’à 1 000 ppm. Ce «forçage» climatique sans précédent depuis plusieurs millions d’années pourrait provoquer une hausse de la température moyenne de 4 à 7° C. Pour éviter de dépasser 2° C, il faudrait que les émissions mondiales décroissent à partir de 2020 au plus tard, au rythme de 9% par an.

Température depuis 1980  L’évolution des températures annuelles moyennes de la planète depuis 1980 montre une tendance à la hausse assez régulière de 0,2° C par décennie, en bon accord avec les modèles climatiques des simulations sur ordinateurs. Les causes des fortes variations annuelles – cycle d’activité du Soleil, oscillations océaniques (El Niño-La Niña, et en Atlantique Nord), éruptions volcaniques, tel le Pinatubo en 1991 – restent objet de recherche, mais elles ne peuvent plus masquer le renforcement de l’effet de serre. Ainsi, alors que les années 2007, 2008 et 2009 constituent un record de bas niveau d’activité solaire depuis 1910, elles font pourtant partie des dix années les plus chaudes depuis cent cinquante ans, comme toutes les années depuis 2001. L’idée d’un «refroidissement» colportée par «certains médias et lobby» est donc fausse indique le rapport.

Niveau marin depuis 1970  L’une des conséquences majeures du changement climatique sera la hausse du niveau des mers. Leur observation ultraprécise par satellites montre que leur élévation s’accélère, et atteint désormais 3,4 millimètres par an depuis 2003, suivant le haut de la fourchette des prévisions. La cause de cette accélération se situe dans la réaction beaucoup plus rapide que prévue des calottes du Groenland et de l’Antarctique (fonte, ruissellement et décharges d’icebergs) mesurée ces dernières années.

Le rapport affirme qu’il faut doubler l’estimation du niveau marin futur établi par le rapport 2007 du Giec (entre 1 et 2 mètres pour 2100). La menace pèse sur 160 millions de personnes vivant sur des territoires situés à moins d’un mètre au-dessus du niveau marin actuel. Et sur plus de 450 millions vivant à moins de 2 mètres.

Températures d'ici 2100 Voici les dernières simulations du climat futur en fonction des différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre. La comparaison avec les évolutions depuis 1500 ans montrent à quel point le changement que les émissions de gaz à effet de serre peuvent produire sortent des fluctuations naturelles du climat. Le problème majeur posé par ces projections, c'est d'une part que les trajectoires actuelles des émissions conduisent à des réchauffements compris entre 4 et 7°C et d'autre part que les extrêmes de ces projections ne sont pas, dans l'état actuel de nos connaissances, extrêmement... improbables.

La bonne réaction devant un tel risque est donc d'en diminuer la probabilité de survenue en tentant de maitriser nos émissions. Facile à dire... et difficile à faire puisque les combustibles fossiles représentent 80% de nos sources d'énergies actuelles. Devant un tel défi, les attitudes de déni se multiplient. Mais elles n'ont pas plus de valeur que celles, symétriques, qui refusent de voir les bouleversement sociaux, technologiques et culturels que réclame la "décarbonisation" de nos économies et modes de vie. Ainsi, aucune société profondément inégalitaire ne pourra sérieusement espérer contrôler ses émissions, tant que sa partie la plus riche aura accès sans limite à ces sources d'énergie.

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mercredi 25 novembre

MAIS QUE FAIT LA CGT ???. OU VA LA CGT ???. OU EST PASSEE LA CGT COMBATIVE D' ANTAN ???.

Les Oreilles Loin Du Front
mercredi 19h-20h30 F.P.P 106.3 FM

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Le journal FAKIR,
made in Picardie          ECOUTER CI-DESSOUS L'ENQUETE DE FRANCOIS RUFIN SUR LA CGT .


  • Edition de septembre
    "Crise pour les salariés, bonus pour les financiers: mais que font les  syndicats ?" C'est la question que pose, cet automne, le journal Fakir qui a enquêté chez les Conti, chez Goodyear, au siège de la CGT, etc. Interview de François Ruffin, journaliste à Fakir.
    ecoutez

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lundi 23 novembre

HONDURAS ; POUR UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE ET DEHORS LES DICTATEURS "GOLPISTAS" !!!

Honduras - Des points de vue constants de part et d’autre qui convergent vers une seule solution : l’Assemblée constituante

Arnold AUGUST

D’un côté, on retrouve l’alliance à peine voilée entre Washington et Micheletti, et de l’autre, celle qui unit le gouvernement constitutionnel de Zelaya, le Front national contre le coup d’État et le principal ex-candidat présidentiel. Rattaché au Front, celui-ci a décidé de boycotter les élections du 29 novembre. Il a officialisé sa décision lorsque tout a indiqué que Micheletti n’allait pas rétablir Zelaya dans ses fonctions de Président et ce, en dépit des accords conclus à cet effet.

L’on peut envisager la position de l’alliance oligarchique entre les États-Unis et le Honduras en se rappelant la réaction initiale de Washington face au coup d’État du 28 juin et en l’examinant à la lumière du contexte de novembre. Cela nous en dit long sur le point de vue adopté dès cette journée, tout aussi marquante que regrettable. Ce point de vue est constant dans son essence et les réactions initiales sont toujours très révélatrices. Elles déterminent ce qui se produira par la suite et fournissent l’essentiel d’une position impossible à masquer plus tard par de simples changements superficiels dans les termes utilisés ou les mesures choisies.

Le 28 juin, le président Obama s’est dit préoccupé par la « détention et l’expulsion du président Mel Zelaya ». Il a ensuite fait appel à « tous les acteurs de la scène politique et sociale au Honduras, afin qu’ils respectent les normes démocratiques et la primauté du droit ». Il a conclu en lançant un appel au « dialogue ». (1)

La même journée, Hillary Clinton affirmait essentiellement la même chose. Dans cette position adoptée par Washington, certains points ressortent que l’on peut continuer d’observer :

1- Le fait de mettre sur un pied d’égalité le régime de facto et le président Zelaya expulsé de force ;

2- Le fait d’affirmer, de temps en temps, et seulement pour la forme, que Zelaya est président ;

3- Le fait de privilégier le dialogue comme solution. Il s’agit là d’une tactique de temporisation, permettant aux instigateurs du coup d’État de gagner du temps jusqu’à l’arrivée des élections afin de légitimer le putsch ;

4- Le refus de qualifier de coup d’État les événements du 28 juin à toutes les occasions.

Certains pourraient avancer qu’à l’occasion, Obama, Hillary Clinton et le département d’État ont effectivement décrit les événements du 28 juin comme un coup d’État. Peut-être, mais cela s’est fait selon les circonstances. La citation ci-haut démontre l’habileté avec laquelle Obama a évité de parler de coup d’État lors du 28 juin. Le lendemain, il donnait une conférence de presse conjointe avec le président colombien Uribe. Bien qu’Uribe soit très favorable aux politiques états-uniennes, son gouvernement s’est rallié aux autres pays sud-américains lors du coup d’État afin de le dénoncer et d’exiger le retour du Président Zelaya. La Colombie est membre du Groupe de Rio ainsi que d’UNASUR, qui regroupent tous deux la grande majorité des pays sud-américains. Ces entités régionales se sont prononcées vigoureusement contre le coup d’État militaire et en faveur de la réinstallation inconditionnelle de Zelaya. Ils n’ont pas changé d’avis depuis. Dans cette conférence de presse du 29 juin avec Uribe, Obama a effectivement parlé de « coup d’État », et affirmé que Zelaya était le « Président élu démocratiquement », mais simplement parce qu’il savait à qui il s’adressait. (2)

Le 7 juillet, à Moscou – la Russie étant l’un des pays qui démantèlent le monde unipolaire tout en faisant partie de la nouvelle multipolarité – Obama a jugé bon de demander la réinstallation de Zelaya, mais cette fois, il n’a pas fait allusion à un coup d’État. (3)

À une autre occasion, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre conservateur canadien Stephen Harper – lequel se montre plus ouvertement favorable qu’Obama au régime de Micheletti – la déclaration conjointe indique qu’Obama et Harper « ont réitéré l’appui canadien et étatsunien en faveur de la restauration pacifique de l’ordre démocratique et constitutionnel au Honduras et demandé à toutes les parties d’accepter l’Accord de San José ». (4) Là non plus, on ne fait pas mention du coup d’État ; on ne cite même pas le nom de Zelaya. Ce n’est qu’un autre exemple qui démontre que la politique à « deux voies » (la « ligne dure » de la Voie I, telle que représentée par Harper et anciennement par l’époque de Bush, et la deuxième Voie II, adoptée par Obama), consiste en une seule et même politique. C’est d’ailleurs le même objectif qui les anime. Il s’agit simplement de déterminer laquelle est la plus efficace pour arriver au but, soit de dominer l’Amérique du Sud. (J’ai abordé ce sujet dans un article antérieur.) (5)

Le 10 août, à Guadalajara, au Mexique, la déclaration conjointe par les leaders nord-américains (Obama, Harper et Calderón) a produit un autre éventail d’affirmations. À cette occasion, la déclaration conjointe fait mention du coup, (après tout, ils s’étaient réunis au sud de Rio Grande), mais même dans ce contexte, le nom de Zelaya n’apparaît nulle part. En fait, plutôt que de s’arranger pour l’omettre, on nous sert le discours vague et habituel sur les accords, la restauration de l’ordre démocratique et la primauté du droit. (6)

Parfois, à Washington, on évite le terme « coup d’État », mais à d’autres occasions, on mentionne explicitement que le 28 juin, un coup d’État s’est bel et bien produit. Oui, en effet, mais on ne parle jamais d’un coup d’État « militaire ». Il ne s’agit pas là d’une question secondaire. J’ai déjà analysé en détail la façon dont le département d’État, du 29 juin jusqu’au début d’août, a esquivé la question à savoir si les États-Unis jugeaient qu’il s’agissait d’un coup d’État militaire sur le plan légal, en vertu de la section 7008 de la loi de 2009 sur le crédit, approuvée par le Congrès américain. (7)

À partir du mois d’août jusqu’à la mi-octobre, lorsqu’on en était venu à considérer la question comme négligeable, Washington continuait de l’esquiver. La section 7008, carrément intitulée « Coups d’État militaires », se lit comme suit :

« Aucun des fonds affectés ou débloqués de quelque autre manière […] ne devraient être engagés ou dépensés pour financer directement le gouvernement d’un pays où le chef dûment élu a été renversé par un coup d’État militaire ou un décret. Toutefois, l’on peut recommencer à fournir de l’aide à ce gouvernement, à condition que le Président détermine et certifie au comité de crédit que, suite à la suspension de l’aide, un gouvernement élu démocratiquement a été mis en place. »

Il y a plusieurs points ici. En premier lieu, si le coup d’État a été classé comme militaire, selon la législation étatsunienne, toute ambiguïté quant à des fonds fournis aux putschistes devrait être, du moins en principe, éliminée. Deuxièmement, une fois qu’« un gouvernement démocratiquement élu a pris le pouvoir », un scénario que les États-Unis favorisent par les élections du 29 novembre, il reste à se poser la question suivante : Qui devra aller au Congrès des États-Unis pour expliquer en public que le soutien au régime de facto devra se poursuivre après les élections universellement condamnées et non reconnues du 29 novembre ? Le président Barack Obama. Troisièmement, en évitant de classer ce coup d’État comme étant militaire, d’une part cela donne à Washington et au régime militaire à Tegucigalpa la manœuvre dont ils ont besoin pour affirmer ouvertement ou indirectement qu’il existe en effet un problème constitutionnel légitime dont, bien sûr, Zelaya est le responsable ; d’autre part cela donne la crédibilité plus que nécessaire à la raison d’être même du régime de facto. Quatrièmement, le poids politique contre le régime de Micheletti aurait été dévastateur si le coup d’État avait été déclaré militaire conformément à la section 7008. Autrement, les putschistes, qui étaient très conscients de la polémique entourant la section 7008, n’auraient probablement pas tenu si longtemps que cela. Cette élimination de Micheletti est une chose que Washington, comme nous l’avons observé tout au long de l’évolution de la situation, n’a pas fait et ne désire pas faire. Les auteurs du coup d’État ont reçu le message fort et clair de Washington depuis le 29 juin, lorsque l’article 7008 a été soulevé pour la première fois par des journalistes lors des séances d’information [briefings] du département d’État ; les remarques d’ordre esthétique et les cataplasmes contre le régime visant à sauver les apparences n’ont pas vraiment tracassé les acteurs du coup d’État.

Il est vrai que Washington s’attendait à un dialogue de la part de Micheletti, mais uniquement dans le but d’intégré Zelaya au sein d’un nouveau gouvernement dirigé par Micheletti, légitimant ainsi les élections, un piège dans lequel Zelaya, le candidat progressiste et le Front ont tous finalement refuser de tomber. Les États-Unis veulent maintenir leur commandement militaire SouthCom au Honduras à leur base militaire de Palmerola, la même par où Zelaya est passé lorsqu’il a été enlevé de chez lui et envoyé au Costa Rica. (8)

LE MOT « M »

Les États-Unis et leurs alliés au sein de l’oligarchie et des militaires honduriens ont sous-estimé la détermination du peuple hondurien, de leur rapide prise de conscience politique, organisation et confiance en soi. Les États-Unis n’ont pas pu briser l’unité entre les différentes forces composant le paysage politique du Honduras de l’après coup d’État. Le magazine Time a fait mouche avec son article intitulé : Voici la raison pour laquelle Obama n’emploiera pas le mot M dans Coup d’État au Honduras. Nous devons expliquer ce qui suit : Selon les normes hypocrites et puritains des médias de l’establishment existant aux États-Unis, afin d’éviter explicitement et publiquement de mentionner un mot considéré comme inacceptable ou choquant, seule la première lettre sera employée. En l’occurrence, d’une façon sarcastique, il s’agit de la lettre « M » dans coup d’État « militaire », par opposition à un coup d’État non militaire. Dans l’article du 5 septembre, le Time écrit :

« […] L’administration a également envoyé des signaux significatifs mixtes, en n’employant pas le mot M : militaire. Ses avocats ont déterminé que, même si le renversement de Zelaya était un coup d’État, techniquement parlant il ne s’agissait pas d’un coup d’État militaire […] En évitant d’appeler l’expulsion de Zelaya comme étant un coup militaire, cela donne aux dirigeants du coup d’État l’impression que ce qu’ils ont fait était simplement un coup d’État négocié de deuxième ou de troisième degré, au lieu d’un de premier degré de type militaire. Lorsque les militaires emmènent au loin un président démocratiquement élu, il s’agit d’un coup d’État militaire, point, peu importe qui prend le pouvoir par la suite. C’est une règle qui doit s’appliquer, non seulement au Honduras, mais chaque fois où les États-Unis doivent s’en prendre aux auteurs de coups d’État. » (9)

Le 30 octobre, enfin parvenu à un accord entre Zelaya et Micheletti, Hillary Clinton était enthousiaste face à l’apparent succès de la politique de Washington exécutée depuis le 28 juin, fondée sur des « négociations et le dialogue ». Elle s’était réjouie au point d’agir prématurément en déclarant : « nous attendons donc avec impatience les élections qui se tiendront le 29 novembre… » (10)

Cependant, le 5 novembre, en raison de la complète réticence de Micheletti à appliquer l’accord déjà affaibli, l’accord tombe à l’eau. Le 6 novembre, suivant le même ordre d’idées proposées dès le 28 juin, le porte-parole du département d’État, Ian Kelly, a exprimé que les deux parties devraient retourner à la table des négociations pour conclure une entente, en jetant le blâme sur Zelaya et Micheletti pour leur échec.

Étant donné que Washington n’ait pas classé le coup d’État comme étant militaire, la Maison-Blanche peut encore maintenir la porte ouverte pour la tenue des élections, même si Zelaya n’est pas de retour au pouvoir. Tout d’abord, en évitant le mot « M », Washington se donne le luxe de cultiver le doute planant au-dessus de la tête de Zelaya, quant à ses activités au plan juridique et constitutionnel qui ont conduit au coup d’État. Cela est naturellement facilité par les médias de l’establishment étatsunien qui maintient le plus souvent la désinformation voulant que Zelaya souhaitait organiser un référendum le 28 juin dans le but d’établir une Assemblée constituante, et ainsi pouvoir éventuellement se présenter à nouveau à des élections en contrevenant à la constitution hondurienne. Devons-nous répéter maintes et maintes fois que la Quatrième urne n’était rien de plus ni moins qu’une boîte de scrutin ajouté au vote, permettant ainsi d’établir avec précision si l’électorat hondurien désirait, ou non, l’élection éventuelle d’une Assemblée constituante, pour une nouvelle constitution plus appropriée (un sondage entièrement légale selon la constitution hondurienne actuelle.) En l’absence de la classification de coup d’État militaire – en évitant le mot « M » – Obama n’aurait pas à se rendre au Congrès après les élections pour demander le rétablissement de l’aide et l’appui à un gouvernement sortant d’élections illégitimes, nationalement et internationalement classées en tant que tel. Comme la situation a évolué, l’apparition du président au Congrès, ou même par un représentant, se transformerait en désastre politique pour lui puisque la condamnation du scrutin est pratiquement unanime en Amérique du Sud. Au lieu de cela, ce que les États-Unis et Micheletti espéraient depuis le premier jour, était d’essayer de gagner du temps et de tenir des élections afin de légitimer le coup d’État, faisant en sorte que le peuple hondurien et les peuples du monde se retrouvent devant un fait accompli.

LES ÉLECTIONS DU 29 NOVEMBRE

Cette dernière étape dans la position des États-Unis et de Micheletti, en ce qui concerne les élections, est exposée le 6 novembre, lors de la séance d’information du département d’État par son porte-parole Ian Kelly. Cette réunion avec la presse a eu lieu après que le membre républicain du Congrès, Jim DeMint, ait déclaré que Hillary Clinton et le secrétaire adjoint pour l’Amérique latine, Thomas Shannon, l’ont assuré que les États-Unis reconnaîtront les élections, peu importe si Zelaya est restitué comme président ou non.

« QUESTION : Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce que le membre du Congrès Jim DeMint dit au sujet de la reconnaissance des résultats électoraux au Honduras, [que] vous allez reconnaître les résultats électoraux avec ou sans M. Zelaya ?

M. KELLY : Bien, je crois que nous avons accepté de soutenir le processus électoral. Présentement, nous fournissons l’assistance technique aux opérations électorales au Honduras. Et […] nous avons pris cet engagement afin de soutenir ce processus en raison de l’Accord entre les deux parties […]

QUESTION : Le sénateur DeMint affirme que […] le Département l’avait particulièrement assuré que […] l’administration reconnaîtra l’élection comme étant légitime, même si Zelaya n’a pas été rétabli. Est-ce vrai ? Puis-je avoir une réponse affirmative ou négative à ce sujet ?

M. KELLY : Je crois que nous avons repris ce que le secrétaire a dit, et ce que je dois dire…

QUESTION : Puis-je avoir seulement [une réponse…]

M. KELLY : […] c’est que nous soutenons cet Accord qui prévoit, tout d’abord, une Commission de vérification, puis – et cela est déjà fait. La formation d’un gouvernement d’unité et de réconciliation est la prochaine étape, ensuite un vote du Congrès sur la restauration et enfin les élections. Une seule étape a été accomplie jusqu’à présent […] » (11)

Le 9 novembre, alors que l’on savait déjà que les négociations étaient closes et que les forces de l’anti-coup d’État se concentraient sur ce qu’ils feraient durant les élections, Kelly a fait abstraction de la situation au Honduras. Il a complètement ignoré le fait que le 8 novembre (avant son exposé cité plus haut), le candidat présidentiel de l’opposition la plus importante, Reyes, (et Zelaya lui-même) ont exigé le boycott du scrutin. Il ne s’agissait pas de « business-as-usual » (il n’y a rien à signaler) telles que Kelly cherche à imposer. Il a répondu à une question sur le Honduras en déclarant que « ils [les négociateurs] parlent toujours en vue de, tout d’abord, former ce gouvernement national d’unité et de réconciliation, tel que réclamé dans l’accord. » (12)

Plus la situation évolue vers la non-reconnaissance des élections pratiquement dans toute l’Amérique de Sud, les Caraïbes et Amérique centrale et au sein du Honduras, et plus les États-Unis intensifient leurs pressions pour que la solution adoptée soit la tenue d’élections. Cette attitude de plus en plus arrogante et hautaine a été exprimée le 10 novembre par Philip J. Crowley, Secrétaire d’état adjoint au département d’État.

« M. CROWLEY : Le secrétaire d’État adjoint Craig Kelly est arrivé à Tegucigalpa aujourd’hui pour continuer à travailler avec les parties et la commission de vérification. Il y sera aujourd’hui et demain et concentrera ses efforts pour que le processus conduise à des élections libres et justes et à l’instauration d’un nouveau gouvernement au Honduras à la fin du mois [...]

QUESTION : À la réunion d’aujourd’hui de l’Organisation des États américains, la plupart des pays ont dit qu’ils ne reconnaitraient pas les résultats électoraux, y compris ceux du Groupe de Rio. Quelle solution envisagez-vous pour Zelaya ?

M. CROWLEY : Eh bien, je ne crois pas qu’il y ait de solution pour Zelaya en soi […] Nous avons, au cours des derniers mois, espéré voir le retour à l’ordre constitutionnel. Il ne s’agit pas de la situation d’une personne. Il s’agit d’un retour à des processus démocratiques et à un gouvernement démocratique au Honduras […] » (13)

Le 12 novembre, alors que les élections se rapprochaient, la position n’avait pas changé. Au point de presse de ce jour-là, un reporter a interrogé Kelly sur les informations qui arrivaient concernant les arrestations de masse, le couvre-feu, le harcèlement des représentants des médias et les restrictions. Il lui a demandé : « Est-ce que cela invalide le processus électoral ? ». Évitant de répondre à la question, Kelly a répliqué : « […] nous appuyons le processus électoral […] » et a répété que l’accord devrait être appliqué par « les deux parties ». (14)

Le journal hondurien Tiempo a cité les déclarations faites le 11 novembre par le président Zelaya suite à la visite que lui a rendu le Secrétaire d’état adjoint au département d’État, Craig Kelly. « Les États-Unis n’ont pas changé de position, ils continuent de dénoncer le coup d’État, ils ne reconnaissent pas les autorités actuelles et luttent pour ma restitution » a dit Zelaya, expliquant ce que Kelly lui avait déclaré. (15)

Or les États-Unis ne se limitent pas à appuyer la tenue de telles élections, ils participent directement à leur organisation en collaboration avec les putschistes, ce qui contredit les affirmations de Kelly selon lesquelles les États-Unis ne reconnaissent pas ces derniers. Le scrutin se prépare contre la volonté de Zelaya, et les Honduriens exigent la non-reconnaissance de telles élections puisque le but de celles-ci est, entre autres, de maintenir le rejet de la restitution de Zelaya !

Pour Washington, la restitution de Zelaya en tant que président n’a jamais été une condition « sine qua non » pour la restauration du processus démocratique. On se souviendra que, depuis le 28 juin, Obama et les représentants du département d’État mentionnent certaines fois Zelaya et évitent d’autres fois d’en parler. Tout dépend de la situation, du pays, des personnes qui s’y trouvent. C’est une politique dont l’aspect principal, commun et constant dans toutes les déclarations (à part le verbiage) consiste à donner des réponses dilatoires, à gagner du temps, jusqu’aux élections du 29 novembre afin de maintenir le statu quo. On peut se passer de Zelaya, mais le scrutin constitue un principe qu’il ne faut abandonner sous aucune circonstance.

Du 28 juin à novembre, l’alliance États-Unis-Micheletti suit la même ligne constante, qui consiste à insister sur la nécessité de négociation et de dialogue et à placer les deux parties sur le même pied d’égalité (alors qu’en fait les auteurs du coup d’État disposent d’un pouvoir répressif militaire et politique alors que Zelaya a été tout ce temps exilé puis enfermé comme un prisonnier dans l’ambassade du Brésil) ; à rejeter les demandes internationales et locales pour le rétablissement immédiat de Zelaya aux moments cruciaux comme celui-ci ; et, bien sûr, à user de moyens dilatoires pour que les élections aient lieu d’une façon ou d’une autre afin de légitimer le remplacement du gouvernement Zelaya pour maintenir le statu quo et pour mettre fin à ses politiques progressistes locales et internationales. Il est devenu évident que la pierre angulaire de cette politique a été d’éviter l’utilisation le mot « M », donnant à Obama et au Département d’État pleine liberté d’action pour qu’ils puissent fournir de l’oxygène à la dictature militaire et maintenir celle-ci artificiellement en vie jusqu’au 29 novembre. Après cette date, Obama ne devra même pas s’adresser à l’opinion publique internationale et domestique ou témoigner devant le Congrès pour renouveler les mesures d’appui au gouvernement de facto, qui auraient été coupés, en vertu de la Section 7008, si le coup d’État avait été qualifié de coup d’État militaire.

L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

L’alliance États-Unis-Micheletti est basée sur une position constante et homogène. Elle est, cependant, en train de produire l’effet contraire. Elle n’apporte pas de victoire aux États-Unis. Les forces opposées au coup d’État ont également une position constante. Dès le tout début, premièrement le Front national contre le coup d’État (qui s’est constitué en fait le lendemain, le 29 juin), deuxièmement le gouvernement Zelaya, et troisièmement les forces politiques opposées au coup d’État et regroupées au sein du Front ont formulé les exigences dont les plus importantes sont :

1) Le retour immédiat du président Zelaya au pouvoir ;

2) Le retour à la primauté du droit et à l’ordre démocratique qui existait avant le 28 juin, et, par conséquent, la cessation immédiate de la répression et l’expulsion des militaires et de la police des instances du pouvoir ;

3) La non-reconnaissance des élections du 29 novembre, qui auraient lieu dans des conditions qui ne permettent pas la liberté d’expression et d’association, libertés incompatibles avec l’existence d’un régime de facto, militaire et brutal ;

4) Le besoin d’élire une Assemblée constituante ayant pour mandat l’élaboration d’une nouvelle Constitution pouvant refonder la nation hondurienne basé sur l’égalité, la justice, la pleine participation démocratique et sur l’opposition à la domination exercée par les États-Unis sur le Honduras.

Certaines des tactiques pratiquées par l’ensemble des composantes de cette alliance opposée au coup d’État ont varié d’une période à l’autre et d’un protagoniste de celle-ci à l’autre. Mais il s’est avéré que les différences ne sont que tactiques et qu’elles ne sont pas dues à des divergences concernant les principes stratégiques sur les moyens de défaire la clique de Micheletti et de s’appuyer sur les pressions internationales, que celles-ci soient apparentes ou réelles. Ainsi, en fait, tous les protagonistes sont complémentaires les uns des autres, et font échouer toutes les tentatives de diviser l’alliance qui représente une variété de forces politiques et sociales de différents secteurs de la société.

Zelaya a lancé un appel au boycottage des élections, le Front national aussi, et le 8 novembre, Carlos Reyes, le plus important des candidats présidentiels opposés au coup d’État, populaire dirigeant syndical lié au Front national, a annoncé officiellement sa décision finale de boycotter les élections. Et bien qu’ayant de 14 à 16% des intensions de vote d’après les sondages « officiels » de la fin octobre, le 8 novembre, pour des raisons de principe et parce qu’on ne peut tenir des élections libres et justes sous une dictature militaire favorable aux États-Unis, Reyes a lancé lui aussi un véhément appel en faveur du boycottage aux militants opposés au coup d’État. Grâce à une vidéo diffusée par le site Internet du syndicat international Rel-UITA, nous pouvons voir le mouvement se développer sous nos yeux. Reyes a annoncé qu’il avait pris cette décision après avoir consulté 11 000 personnes de différentes régions, dont 96% disent NON aux élections.

Reyes a poursuivi en disant que par cette décision nous n’avons rien perdu. Ce sont les putschistes qui ont perdu parce que pour maintenir leur pouvoir ils doivent se servir de baïonnettes. Au sujet de l’expérience de sa candidature indépendante, Reyes a déclaré que dans les différentes localités les gens, enseignants, ouvriers, paysans, femmes, jeunes, choisissent et mettent en action leurs propres candidats. Les candidats sont nommés directement par le peuple. Rien de positif ne peut découler des élections sans l’appui du peuple, a déclaré Reyes. Nous devons tirer avantage de leur faiblesse, nous assurer qu’ils seront défaits et que nous sommes bien engagés dans la voie vers l’Assemblée constituante. Dans la salle bondée, Reyes a présenté une analyse du contexte historique et géopolitique du Honduras de l’après coup d’État et a affirmé que le peuple du Honduras était en train de suivre les pas de Bolívar, de Martí et du Che.

Le 12 novembre, dans une entrevue, Bertha Cáceres, dirigeante du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras - COPINH), et faisant partie de l’équipe de Reyes et de sa Candidature indépendante populaire, a déclaré :

« […] il faut comprendre que ces élections ont lieu dans le contexte d’un coup d’État, et que les putschistes disposent d’un pouvoir réel auprès de toutes les instances de l’État hondurien. Même si le président Zelaya est restitué, il y aura des situations très difficiles à changer à quelques jours [des élections]. Par exemple le Tribunal électoral organise une délégation d’observateurs internationaux constituée de personnes qui appuient le coup d’État […]. En vertu des accords de San José l’armée exercera son autorité sur le Tribunal électoral. Le peuple est indigné de voir les militaires, qui ont assassiné et torturé des citoyens, sont chargés de « surveiller » la démocratie et les élections de ce pays. Il y a des raisons pour ne pas participer à cette farce : par respect envers le peuple hondurien, nous n’allons pas valider le coup d’État. Le processus électoral désignerait un gouvernement putschiste. Ce serait la continuation du régime « de facto » sous un autre visage. Ceux qui assumeraient le pouvoir le 27 janvier 2010 seraient des partisans du projet néolibéral. Nous n’avons pas abandonné l’objectif que nous avons décidé de suivre en politique, en honorant celui-ci, comme nous l’a enseigné Monseigneur Romero, jusqu’à réussir à mettre sur pied l’Assemblée nationale constituante et à rétablir l’ordre constitutionnel […] » (16)

Plus tard, le même jour, environ 110 candidats à la mairie et 55 comme députés au Congrès ont annoncé leur refus de participer aux élections du 29 novembre prochain au Honduras en guise de protestation contre le coup d’État militaire. (17)

Le 13 et 14 novembre d’autres rapports indiquent une vague de prise de position par des organisations de masse sociales en faveur de boycotter les élections. Le 14 novembre, le président Zelaya a renoncé à toute possibilité d’être rétabli dans sa position en tant que président qui aura pour effet de camoufler le coup d’état. Il a également déclaré qu’il ne reconnaît pas élections du 29 novembre parce que les putschistes ont déjà décidé qui sera président ainsi que les maires et députés. Le 15 novembre, la résistance a réaffirmé qu’ils ne voteront pas. Dans un communiqué de presse publié ce jour-là, le Front a déclaré que la date des élections s’approchent, et ainsi, les gens et de la résistance ne seront pas au scrutin.

Il semble assez évident qu’au Honduras le peuple rejette le Honduras pré-coup d’État et est maintenant engagé dans de sérieuses discussions sur la façon de s’opposer concrètement aux élections frauduleuses et se dirige vers une nouvelle étape, la tenue d’une Assemblée constituante. Par exemple Ricardo Arturo Salgado, sociologue et écrivain hondurien, œuvrant auprès des travailleurs ruraux et des pêcheurs, membre actif du Front national, rappelle que le peuple hondurien espérait, à l’origine, que les élections du 29 novembre ouvriraient la porte à une Assemblée constituante. Il insiste sur la nécessité d’être parfaitement organisés pour faire échec au scrutin frauduleux, et propose le recours à une grève générale qui s’étendrait jusqu’à la date des élections et même après le 29 novembre. (18)

D’une part il y a la position nette et inflexible que constitue l’alliance Washington/Micheletti, opposée à l’octroi de quelque concession que ce soit, qui est de plus en plus isolée au Honduras et au niveau international, particulièrement en Amérique du Sud, les Caraïbes et Amérique centrale. D’autre part il y a la position de toutes les forces opposées au coup d’État qui adoptent des tactiques flexibles et suivent fermement des principes stratégiques et collaborent mutuellement sur la base de la compréhension et le respect mutuel. Ils ont ainsi évité toute division qui aurait conduit à un désastre et aurait empêché toute victoire à l’avenir.

Ces deux ensembles de forces s’opposent sur les questions suivantes : qui exercera le pouvoir politique au Honduras ? La minorité aisée et leurs alliés étatsuniens ou le peuple ? Qui écrira l’histoire du Honduras : les États-Unis ou le peuple, qui proposera ses propres candidats et qui élira sa propre Assemblée constituante, en donnant à celle-ci le mandat de consulter le peuple au cours de l’élaboration de la nouvelle Constitution ? Washington n’accorde aucune importance à la décision prise par le principal candidat présidentiel, Reyes, de boycotter activement les élections. Ce dernier reflète le mouvement infatigable, massif, courageux de la vaste majorité du peuple hondurien contre le coup d’État et pour la naissance d’un nouveau Honduras. Cette situation montre comment les cercles dirigeants des États-Unis manipulent les élections, aux États-Unis et dans d’autres pays, en fonction de leurs intérêts.

Alors qu’ils écrivent leurs propres Constitutions, les peuples d’Amérique du Sud offrent d’importantes leçons pour aujourd’hui et pour demain. À Cuba, ce processus a commencé en 1868 (et en 1869 avec la Constitution de Guáimaro) et a atteint son point culminant en 1976, avec l’adoption d’une Constitution, qui par la suite a été amendé par consultations populaires. Plus récemment le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ont élu des Assemblées constituantes et élaboré de nouvelles Constitutions modernes, basées sur les conditions concrètes de chacun de ces pays. D’autre pays espèrent suivre la même voie.

C’est, en fait, ce mouvement que le coup d’État au Honduras visait à détruire. Ce coup d’État était également un avertissement lancé à tous les pays d’Amérique du Sud. Alors que le peuple du Honduras lutte dans les rues et villages, en milieu urbain et rural, Washington essaie d’appliquer ses politiques contre le mouvement relativement nouveau qui se développe en Amérique du Sud. Cette politique venue du Nord vise le peuple qui prend le pouvoir politique et devient maître de sa propre destinée. Le gouvernement Obama est allé plus loin dans le sens des orientations de son prédécesseur en planifiant et en exécutant l’installation de sept bases militaires en Colombie. Les mouvements d’opposition à ces bases militaires installées au cœur de l’Amérique du Sud et au coup d’État au Honduras sont en train de se fusionner en une vague d’indignation qui balaie toute l’Amérique du Sud. Gagner, maintenir et étendre le pouvoir politique des peuples et la démocratie participative selon les conditions particulières de chaque pays est la seule réponse.

Arnold August

(Traduction : Marie France Bancel, Normand Raymond, Antonio Artuso)

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samedi 21 novembre

SARKOSY AU SERVICE DU MEDEF : DEUX ANS DEJA !!!

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Après deux ans et demi de présidence, la politique de Sarkozy montre son vrai visage : réformer le code du travail en fonction des intérêts des patrons et souder l’électorat réactionnaire en prenant les immigrés comme boucs émissaires.

Nicolas Sarkozy s’est bien gardé de célébrer trop bruyamment la moitié de son mandat présidentiel. Tout au plus quelques courtisans, dont le Premier ministre François Fillon, ont vanté « un train de réformes sans précédent ». En trente mois, le pouvoir n’a pas chômé en matière d’attaques contre les droits sociaux, rebaptisées « réformes ». À commencer par le « bouclier fiscal » et le « sauvetage des banques », en fait… des profits des banquiers.Le bouclier fiscal est présenté par ses partisans comme une expression du simple bon sens : ne pas payer plus de la moitié de ses revenus en impôts. C’est oublier que, même une fois « lourdement taxées » (comme elles s’en plaignent), les personnes concernées disposent encore de revenus tout à fait confortables. C’est aussi passer sous silence ce que représentent les « restitutions » opérées aux contribuables « trop» imposés : pour les 100 plus gros bénéficiaires, la restitution moyenne concernant l’année 2008 a été de 1,154 million d’euros. Pour les dix plus gros gagnants, elle a même été de 5,97 millions d’euros !

Destiné à 14 000 privilégiés, le bouclier fiscal coûte 458 millions d’euros aux finances publiques. C’est évidemment scandaleux. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau par rapport à l’océan des fonds débloqués en 24 heures pour venir au secours des banquiers : en octobre 2008, l’État s’est en effet engagé à hauteur de 360 milliards d’euros ! C’est bien là, la vérité profonde de la politique de Sarkozy : entièrement destinée à enrichir les plus privilégiés, contribuables fortunés, actionnaires, patrons de multinationales.

Symétriquement, cette politique est toujours plus dure vis-à-vis des classes laborieuses, contraintes en permanence de payer les frais de la crise capitaliste : réduction d’emplois dans les services publics, notamment Éducation nationale et Santé ; taxe carbone ; blocage des salaires et augmentation des prix (y compris les tarifs de la SNCF, d’EDF et GDF ou de la RATP) ; nouvelle vague de privatisations (dont la tentative de modifier le statut de la poste) ; travail le dimanche ; augmentation du forfait hospitalier et nouveau train de déremboursement de médicaments. Et la dernière trouvaille en date : l’imposition des indemnités des accidentés du travail !
De moins en moins « social », l’État s’assume de plus en plus pénal. La présidence, le gouvernement et la majorité parlementaire rivalisent d’innovations juridiques répressives (notamment contre les mineurs) ou destinées à protéger les puissants (suppression du juge d’instruction). Sous le couvert nauséabond de défense de « l’identité nationale », Hortefeux puis Besson se sont lancés dans une chasse aux immigrés sans papiers qui ne connaît plus d’exceptions : enfants sans papiers ou réfugiés afghans, tous sont bons pour les charters de la honte !
Le PS offre un spectacle lamentable, tant il est incapable de s’opposer à une politique dont il partage les principaux fondements.

Au lieu d’œuvrer à la convergence des luttes, les principales directions syndicales ont organisé la démobilisation, de journée d’action sans lendemain en journée d’action sans lendemain.

Une tout autre politique est nécessaire, faite d’unité dans les luttes et de construction patiente d’une véritable alternative politique indépendante du social-libéralisme. L’affaire Jean Sarkozy comme les remous sur la taxe professionnelle le montrent : il existe des fissures au sein du régime. La véritable force de Sarkozy, c’est l’absence d’une opposition réelle et déterminée

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mardi 17 novembre

ETRE FRANCAIS, C'EST AVOIR SA VIE EN FRANCE ET RIEN DE PLUS !

Dans la prose marécageuse de l'ineffable ministre de l'identité nationale et de l'immigration patauge une créature aux élans de camarde. Tous les quinze ou vingt ans, depuis les indépendances et l'éclatement de l'empire colonial, et au gré des cycliques désastres économiques et sociaux, elle s'extirpe de la vase pour venir se rappeler au bon coeur du commun des Français. Plus que jamais la voilà, armée d'un rameau de ronces au bout d'une main sèche, flagellant "l'éparpillement identitaire" et éructant dans tout le pays des mots vieux, épris et pétris d'haleine chauvine.

Cette créature se met à traîner dans tous les plis de nos vies et menace : "Nous allons une bonne fois pour toutes fixer ce qu'être français veut dire." Lancée comme une ogive aveugle à fragmentation - qui cependant sait parfaitement où elle doit frapper -, la grande "consultation" de l'Etat sarkozyste sur l'"identité nationale" est partie pour n'épargner personne.

Et désigner à la vindicte en particulier celles et ceux qui, une fois le débat clos, une fois réaffirmées aux frontispices de la nation les "valeurs républicaines" et la "fierté d'être français", auront l'insigne déshonneur d'en être jugés étrangers ou réfractaires, incompatibles ou inaptes. Car c'est une frontière intérieure, un cordon de salubrité identitaire, désormais labélisée avec l'assentiment de l'opinion qui va nous être infligée de mains d'experts.

Ce n'est hélas pas faire preuve d'imagination folle que d'anticiper l'issue du "débat". Tant celle-ci se lit et s'entend déjà partout dans les médias de grande audience. Il y a de très fortes chances que nous assistions d'une part, au redéploiement d'une conception mythique, essentialiste, ethnocentrée de ce qu'est la France - avant tout un pays européen de race blanche, de culture gréco-latine et de tradition chrétienne, point barre.

Et d'autre part, à la mise au ban de ce qui n'est pas et ne sera jamais la France en des termes aussi peu neutres que rebattus. Les bandes ethniques causent de toutes les insécurités, les familles polygames, leur marmaille circoncise et leur barbarie importée, les femmes qui se voilent, "s'emburqaïsent" et les hommes qui les y obligent entre deux inaugurations de mosquées, ou encore ce rap qui tambourine les refrains criards de "la haine de la France"...

Que sais-je encore ? Les historiens et philosophes de la cour sauront, à n'en pas douter, enrichir cette liste de nouvelles catégories. Le clivage aura en tous les cas la clarté de l'eau pure et le sens de la nuance des partitions d'extrême droite : d'un côté, la France, de l'autre, l'anti-France. Le corps sain, et l'appendice pathogène à oblitérer. Ceux qui méritent d'aller et venir d'une part, ceux qui doivent être frappés d'invisibilité d'autre part.

Le débat sur l'identité nationale n'en est pas un. C'est une injonction à l'affirmation ethniciste de soi. Un blanc-seing collectif à l'apartheid qui vient.

Etre français, c'est avoir sa vie en France et rien de plus. Cela ne s'interroge pas, mais se constate comme un botaniste constaterait la poussée d'un bourgeon. Ce qui devrait se questionner en revanche, et de la plus forte des manières avant de le congédier, c'est l'identité de ce pouvoir qui nous mène au mur, son irrépressible cynisme, sa brutalité, sa morgue, lorsque dans les mêmes semaines, il aligne blagues racistes, rafles et expulsions d'Afghans dont il occupe le pays, relaxe pure et simple des policiers en cause dans la mort de Laramy et Moushin à Villiers-le-Bel. Deux adolescents niés et invisibles jusque dans la qualification des causes de leur mort.

C'est d'ordinaire le sacerdoce des anges et des démons que de se mêler à la vie des hommes sans être vus. C'est la honte de cette République que de nous offrir, à nous enfants d'immigrés, cette affriolante perspective donc : vivre comme des démons, mourir comme des anges. Nous ne sommes pourtant ni l'un ni l'autre.


Hamé est rappeur au sein du groupe La Rumeur.

Hamé

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OU VA LA CGT ; NULLE PART OU SI DANS LE MUR.....................!!!

Roger SYLVAIN

Malgré une pique bien inoffensive à destination de la CFDT accusée de remettre le changement social à un peu trop loin (comme si l’état-major CFDT n’était pas missionné pour trahir chaque lutte et chaque revendication), tout dans cette interview confirme l’ancrage dans le syndicalisme rassemblé du principal dirigeant de la CGT.

S’accrochant à une lecture superficielle des résultats aux prud’homales (marquée avant tout par une abstention massive faisant figure de désaveu et par l’engagement massif des militants de terrain et de lutte CGT reconnus à la base permettant à la CGT de limiter les dégâts [1]), B. Thibault débute son interview en balayant la candidature de JP Delannoy : « C’est une candidature individuelle, elle n’a pas été présentée suivant les règles statutaires, elle ne sera donc pas prise en compte. Jean-Pierre Delannoy veut incarner une autre orientation pour la CGT. Ce débat sera réglé au congrès. »

Alors le congrès de la CGT n’est normalement nullement à la botte de l’équipe sortante mais bien le congrès des syndicats, souverains durant son déroulement, B. Thibault refuse de reconnaître le courant important que représente Delannoy, en particulier dans les bases syndicales. Outre les prises de position de plus en plus nombreuses de militants et organisations de base, l’ampleur de la rupture entre les bases syndicales et l’appareil confédéral est pourtant confirmée par l’enquête diligentée par la Confédération elle-même en juillet auprès des UD et des Fédés et dont les remontées sont très claires : si la ligne est approuvée par l’appareil permanent, elle ne passe pas dans les syndicats : « nous avons du mal à être écoutés », déploraient les cadres intermédiaires.

C’est donc dire le peu de cas fait ici à la démocratie syndicale, déjà sérieusement mise à mal par la préparation du congrès (sans même parler des mises à l’écart, mesures administratives ou même exclusion pure et simple de syndicats ou d’UL) : la désignation des délégués a principalement eu lieu avant même la parution des documents officiels et très peu de syndicats ont été réunis pour désigner les délégués et candidats à la future commission exécutive.

Mais elle sera encore bien plus en danger si passent les projets confédéraux au cours d’un congrès qui paraît donc joué d’avance.

Derrière les discours sur la nécessité de syndiquer davantage, ce que nul syndicaliste ne conteste, le document d’orientation propose en effet la remise en cause des syndicats d’entreprise et du fédéralisme et programme leur remplacement par de nouvelles structures « à la carte » validées par une commission confédérale d’affiliation en fonction de leur adaptation à la ligne confédérale. Adieu donc à ce qui a fait la richesse de la CGT : la conf’ n’est plus la coordinatrice mandatée par la base mais, depuis Montreuil et les bureaux de la CES à Bruxelles, elle dirige, valide ou exclut : la démocratie syndicale est supplantée par le centralisme bureaucratique.

Ainsi serait définitivement verrouillé le recentrage confédéral et, après la mise en place du Cogetise au congrès précédent, l’état-major confédéral disposerait de tous les moyens pour mettre au pas les organisations de base encore largement imprégnées de lutte de classes – avant de les exclure.

L’enjeu est de taille pour les syndiqués CGT et, au-delà, pour l’ensemble des travailleurs.

Il recouvre la bataille sur le bilan et l’orientation de la direction confédérale alors que Bernard Thibault fait, toujours dans cette interview, un plaidoyer pour le « compromis » (en cette période, on aurait pu espérer qu’il parle de lutte voire de lutte de classe) et, dans le droit fil des documents préparatoires au congrès, évacue l’enlisement par les directions syndicales de la mobilisation du premier semestre 2009 et le bilan pour les travailleurs de ces 20 dernières années de syndicalisme rassemblé.

Or chaque militant syndical sait ce que signifie « compromis » et qu’il n’est en même temps de compromis utile aux travailleurs qu’appuyé sur un rapport de force : alors que la confédé a renoncé à construire ce rapport de force, de quel compromis utile aux travailleurs B. Thibault peut-il se réclamer sur les 20 dernières années ?

- Sur les salaires ? Depuis 20 ans, la masse salariale nationale est amputée annuellement de 180 milliards d’euros : où est le compromis ?

- Sur les retraites, où est le compromis ?

- Concernant la sécu et l’accès au soins, où est le compromis ?

- La casse du service public et de l’éducation ?

- L’emploi, les délocalisations et la casse industrielle ?

- Les droits et les libertés syndicales ?

C’est du 120% de satisfaction pour le capital aux affaires.

Depuis 20 ans, les travailleurs encaissent coups sur coups et subissent reculs sur reculs de la part d’un pouvoir patronal décidé à mener et à gagner la lutte de classe. Pendant ce temps, la direction confédérale a passé son temps à liquider l’héritage de classe qui fit la force de la CGT et des travailleurs, et à construire le syndicalisme rassemblé au sommet dans l’accompagnement du patronat et dans la défaite pour les travailleurs, en France et au niveau international (CES-CSI).

En dépit de ce qu’affirme B.Thibault, elle flirte désormais en permanence avec la compromission, à l’Elysée, dans les salons feutrés du Medef ou de l’UE, dans des associations comme Confrontations-Europe ou Dialogues, dans le refus de construire le tous ensemble en même temps seul capable de battre le grand capital et ses institutions.

C’et pourquoi il est vital pour la CGT et pour l’ensemble des travailleurs que soit clairement posée la question de l’orientation syndicale et des directions qui la portent : poursuivre avec le syndicalisme perdant de ces 20 dernières années ou redéfinir l’orientation de la grande CGT par la renaissance du syndicalisme de classe et de masse qui lutte au quotidien pour la satisfaction des revendications et à long terme pour la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme et la socialisation des moyens d’échange et de production ?

C’est pourquoi le FSC soutient la candidature de JP Delannoy comme secrétaire général de la CGT contre B. Thibault, susceptible de favoriser le débat et le rassemblement entre syndiqués de lutte afin de sauver la grande CGT et la replacer sur ses fondamentaux. Le mécontentement populaire face à la casse sociale et la colère militante face aux directions syndicales est important. La direction CGT le sait bien et mise sur le verrouillage, l’exclusion pour accélérer et rendre définitive la dérive.

Mais la CGT, notre CGT, c’est celle des camarades et des militants du terrain. On ne veut pas la perdre et la laisser aux mains de ceux qui n’ont que des défaites comme bilan et la poursuite du naufrage comme proposition.

Roger SILVAIN, ex-secrétaire général CGT Renault Billancourt,

ex-coordinateur CGT groupe Renault, président du Front Syndical de Classe.

source : http://www.frontsyndical-classe.org...

adresse de l’interview de Bernard THIBAULT
http://www.lemonde.fr/societe/artic...

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lundi 16 novembre

QUESTION DE COHERENCE.............

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Crédit Photo:

Photothèque Rouge/JMB

Chaque jour, l'envie de chasser Sarkozy grandit. Pour y parvenir, on veut nous vendre une solution «pragmatique», celle d'une alliance rose/orange/verte rendue possible par la dérive du PS vers la droite.

Le NPA propose une autre voie. Il œuvre à l'unité la plus large dans les luttes et les mobilisations. Pour les régionales à venir, il propose l'unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste sur la base de mesures d'urgence sociales et écologiques inédites. Souvent à son initiative, les réunions unitaires au plan national et dans les régions se multiplient. Rien n'est encore joué.

Les dirigeants du PCF multiplient les déclarations hostiles au NPA, accusé de ne pas vouloir mettre «les mains dans le cambouis». L'accusation vise à masquer la vraie divergence.

Le fossé qui sépare les programmes du PS et celui d'une gauche digne de ce nom justifie la présentation de listes séparées de celle des socialistes partout. Mais à quoi bon se rassembler dans une campagne électorale de façon indépendante du PS si c'est pour se faire satelliser pendant les cinq ans qui suivent dans les parlements régionaux ? À quoi bon défendre la mobilisation des fonds publics pour satisfaire les besoins sociaux et les mesures écologiques, si c'est pour voter ensuite des budgets qui dilapident l'argent public en cadeaux au patronat licencieur et aux lycées privés ? Les politiques d'union de la gauche sous direction socialiste ont souvent été expérimentées à toutes les échelles, sans que cela améliore le sort des populations.

En 2004, la gauche remportait les élections dans 20 régions sur 22 et annonçait qu'elles constitueraient un bouclier pour protéger les populations contre les méfaits du gouvernement de droite. Malgré la participation du PCF, il n'en a rien été. Prendre nos responsabilités pour appliquer un programme radical si nous avons le rapport de force, oui.

Accepter de cautionner dans les institutions l'inverse de ce pourquoi nous nous battons tous les jours, non. C'est une question de cohérence.

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mercredi 11 novembre

PRISONNIERS D'ACTION DIRECTE : LA VENGEANCE SANS FINS !!!

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Depuis mars 1987, Georges Cipriani et Jean Marc Rouillan sont en prison. Anciens militants d’Action directe, ils ont tous deux accompli leur peine de sûreté de dix-huit ans pour leurs actions au sein de cette organisation. Pourtant, la justice ne cesse de mettre des obstacles à leur libération.

Georges Cipriani, à qui un jugement du 30 avril dernier avait enfin accordé un régime de semi-liberté, devra encore attendre dans sa cellule du centre pénitentiaire d’Ensisheim, après que le parquet ait fait appel de cette décision, au motif qu’il ne reniait pas son engagement passé. Une nouvelle demande de liberté conditionnelle a été déposée.

Jean-Marc Rouillan devrait aujourd’hui bénéficier depuis neuf mois d’un régime de liberté conditionnelle. Mais en octobre 2008, suite à la publication d’une interview donnée à l’hebdomadaire l’Express, il a été l’objet d’une manipulation médiatique et judiciaire qui l'a renvoyé derrière les barreaux à plein temps. Peu de temps après sa réincarcération, son état de santé s'est dégradé, une maladie grave, rare et évolutive, le syndrome de Chester-Erdheim, est diagnostiquée… Et rien ne se passe! Durant des mois, Jean-Marc Rouillan est laissé sans soins adaptés à la prison des Baumettes. Retarder l’évolution de cette maladie nécessite un traitement expérimental qui ne peut légalement se faire en prison. La justice a décidé le 27 octobre son transfert au centre de détention de Muret… alors que les rares médecins spécialistes de cette pathologie exercent à Paris, à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière!

L’acharnement de l’État contre les militantes et militants d’Action directe est sans limites. Après de nombreuses années d’isolement et deux longues grèves de la faim pour en sortir, elles et ils ont connu en permanence les pires difficultés à accéder à des soins. Nathalie Ménigon, victime de deux accidents vasculaires cérébraux, ne sera pas libérée pour raisons médicales. Il faudra une mobilisation importante pour que Joëlle Aubron, atteinte d’une tumeur cancéreuse au cerveau, puisse terminer sa vie libre. Pour Georges Cipriani, rendu malade par l’isolement, une campagne de presse dénonçant un manque de soins, confirmé par le témoignage inquiétant d’un surveillant, sera nécessaire pour que l’administration pénitentiaire daigne enfin s’inquiéter de son état de santé.

Jean Marc Rouillan et Georges Cipriani subissent encore aujourd’hui, un quart de siècle après les actions qu’ils ont politiquement revendiquées, un chantage permanent au reniement. Il est insupportable que la justice s’obstine à exiger d’eux des «regrets sincères». Cette notion de repentance, purement religieuse, n’a rien à voir avec le droit. Ils ont terminé leur peine, ils doivent être libérés!

À l’initiative de différents collectifs de soutien, des initiatives devront être prises pour relancer la mobilisation autour des prisonniers d’Action directe. Le NPA, auquel Jean-Marc Rouillan a adhéré à sa création, prendra toute sa part dans cette campagne.

Pour leur écrire :

- Jean-Marc Rouillan, 9496 A 109, CD de Muret, Route de Seysses, 31600 Muret

- Georges Cipiani, 5250 MC Ensisheim, 40 rue de la 1e armée, 68190 Ensisheim

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samedi 07 novembre

INTERNATIONALISTES ET FIERS DE L'ETRE !!!

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Dans le contexte de crise économique et politique actuelle, Sarkozy, relayé par son fidèle « caniche » Besson joue la carte du nationalisme et du racisme: « Il faut réaffirmer les valeurs de l’identité nationale et la fierté d’être français ».

Le bilan du gouvernement est catastrophique : 700 000 chômeurs de plus en un an, un gel généralisé des salaires, une précarité grandissante, on est loin du « travailler plus pour gagner plus », sans parler des scandales à répétition… À cinq mois des élections régionales, cette offensive politique vise à ressouder l’électorat qui pourrait s’emparer du vote FN pour protester de la pire des manières contre la politique actuelle.

Besson avoue ouvertement l’objectif politique de cette opération lorsqu’il dit : « Nous n’aurions jamais dû abandonner au Front national un certain nombre de valeurs qui font partie du patrimoine républicain ».
On croit rêver, car depuis des années Sarkozy récupère tous les thèmes racistes et sécuritaires du FN afin de phagocyter son électorat. Mais pour que cela marche, il lui faut aller toujours plus loin dans la surenchère. Cette politique n’est pas seulement électoraliste. Elle vise à entretenir les divisions au sein de la classe ouvrière. En faisant de l’immigration un problème, le gouvernement veut faire croire que les étrangers sont une menace, d’où la nécessité de « réaffirmer notre identité nationale ». On trouve des boucs-émissaires qui « piquent le boulot des travailleurs français », on détourne la colère des vrais responsables, les capitalistes. Cet argument fut largement utilisé dans les années qui suivirent la grande crise de 1929, avec les conséquences tragiques que l’on connaît.
Sarkozy s’inscrit complètement dans la politique du « choc des civilisations » qui sert de couverture aux campagnes impérialistes en Orient. Lorsque Besson déclare : « il n’y a pas de débat : la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l’identité nationale », il instrumentalise les quelques centaines de femmes concernées en les diabolisant, il les enferme chez elles alors qu’il faudrait au contraire leur permettre de se tourner vers l’extérieur, ce qui signifie des moyens pour des centres sociaux, des formations gratuites…

La défense de la laïcité, « valeur nationale », ne manque pas non plus de cynisme, alors que Sarkozy fraîchement élu déclarait en 2007 que « l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur », que le gouvernement ne cesse de multiplier les cadeaux à l’enseignement catholique sous contrat...

En fait, cette campagne de stigmatisation est la justification idéologique de la guerre meurtrière que la France mène actuellement en Afghanistan, c’est la préparation d’une éventuelle guerre contre l’Iran…
La gauche devrait dénoncer la manœuvre politique raciste qui ne mènera qu’à opposer les communautés entre elles : blancs contre noirs, occidentaux démocrates contre intégristes musulmans… Or c’est l’inverse ! Ségolène Royal déclare : « ilfaut reconquérir les symboles de la Nation… La Nation, à l’origine, c’est un concept de gauche » et Arnaud Montebourg : « Nous irons défendre les valeurs de la France éternelle ».
Pour nous, anticapitalistes, il faut refuser de défendre l’identité nationale. La nation n’est pas un concept de gauche ! C’est au nom de cette identité, de la mission « civilisatrice de la République française » que l’on a colonisé la moitié du monde de 1880 à 1914. C’est au nom de cette République que l’on a assassiné 35 000 Algériens le 8 mai 1945… Contrairement à Ségolène Royal, nous ne sommes pas fiers du drapeau « bleu-blanc-rouge ». Il est devenu le symbole de l’oppression et de l’exploitation.

C’est toujours derrière le drapeau de la nation qu’on a entraîné les peuples dans les guerres mondiales. Manouchian, dont tout le monde se réclame aujourd’hui, ne luttait pas contre les Allemands mais contre les nazis, son drapeau était rouge et non tricolore. Dès le xixe siècle, les premiers socialistes avaient montré que le nationalisme est l’un des pires obstacles pour abattre le capitalisme car il masque les véritables antagonismes, la lutte des classes. Il donne l’illusion que « Français », nous aurions des intérêts communs avec Pinault, Bouygues, Dassault…
Il est temps d’agir, en regroupant tous ceux qui veulent lutter contre le racisme, pour la régularisation des sans-papiers, contre l’Europe forteresse et impériale. De Bamako, de Caracas, de Gaza, de Kaboul, d’Alger, de New York… nous devons nous unir autour du drapeau de l’internationalisme, reprenant à notre compte la conclusion du Manifeste du Parti communiste, écrit il y a 160 ans, « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ».

Posté par npa aube à 01:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]



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