mercredi 11 novembre
PRISONNIERS D'ACTION DIRECTE : LA VENGEANCE SANS FINS !!!
Depuis mars 1987, Georges Cipriani et Jean Marc Rouillan sont en prison. Anciens militants d’Action directe, ils ont tous deux accompli leur peine de sûreté de dix-huit ans pour leurs actions au sein de cette organisation. Pourtant, la justice ne cesse de mettre des obstacles à leur libération.
Georges Cipriani, à qui un jugement du 30 avril dernier avait enfin accordé un régime de semi-liberté, devra encore attendre dans sa cellule du centre pénitentiaire d’Ensisheim, après que le parquet ait fait appel de cette décision, au motif qu’il ne reniait pas son engagement passé. Une nouvelle demande de liberté conditionnelle a été déposée.
Jean-Marc Rouillan devrait aujourd’hui bénéficier depuis neuf mois d’un régime de liberté conditionnelle. Mais en octobre 2008, suite à la publication d’une interview donnée à l’hebdomadaire l’Express, il a été l’objet d’une manipulation médiatique et judiciaire qui l'a renvoyé derrière les barreaux à plein temps. Peu de temps après sa réincarcération, son état de santé s'est dégradé, une maladie grave, rare et évolutive, le syndrome de Chester-Erdheim, est diagnostiquée… Et rien ne se passe! Durant des mois, Jean-Marc Rouillan est laissé sans soins adaptés à la prison des Baumettes. Retarder l’évolution de cette maladie nécessite un traitement expérimental qui ne peut légalement se faire en prison. La justice a décidé le 27 octobre son transfert au centre de détention de Muret… alors que les rares médecins spécialistes de cette pathologie exercent à Paris, à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière!
L’acharnement de l’État contre les militantes et militants d’Action directe est sans limites. Après de nombreuses années d’isolement et deux longues grèves de la faim pour en sortir, elles et ils ont connu en permanence les pires difficultés à accéder à des soins. Nathalie Ménigon, victime de deux accidents vasculaires cérébraux, ne sera pas libérée pour raisons médicales. Il faudra une mobilisation importante pour que Joëlle Aubron, atteinte d’une tumeur cancéreuse au cerveau, puisse terminer sa vie libre. Pour Georges Cipriani, rendu malade par l’isolement, une campagne de presse dénonçant un manque de soins, confirmé par le témoignage inquiétant d’un surveillant, sera nécessaire pour que l’administration pénitentiaire daigne enfin s’inquiéter de son état de santé.
Jean Marc Rouillan et Georges Cipriani subissent encore aujourd’hui, un quart de siècle après les actions qu’ils ont politiquement revendiquées, un chantage permanent au reniement. Il est insupportable que la justice s’obstine à exiger d’eux des «regrets sincères». Cette notion de repentance, purement religieuse, n’a rien à voir avec le droit. Ils ont terminé leur peine, ils doivent être libérés!
À l’initiative de différents collectifs de soutien, des initiatives devront être prises pour relancer la mobilisation autour des prisonniers d’Action directe. Le NPA, auquel Jean-Marc Rouillan a adhéré à sa création, prendra toute sa part dans cette campagne.
Pour leur écrire :
- Jean-Marc Rouillan, 9496 A 109, CD de Muret, Route de Seysses, 31600 Muret
- Georges Cipiani, 5250 MC Ensisheim, 40 rue de la 1e armée, 68190 Ensisheim
samedi 07 novembre
INTERNATIONALISTES ET FIERS DE L'ETRE !!!
Dans le contexte de crise économique et politique actuelle, Sarkozy, relayé par son fidèle « caniche » Besson joue la carte du nationalisme et du racisme: « Il faut réaffirmer les valeurs de l’identité nationale et la fierté d’être français ».
Le bilan du gouvernement est catastrophique : 700 000 chômeurs de plus en un an, un gel généralisé des salaires, une précarité grandissante, on est loin du « travailler plus pour gagner plus », sans parler des scandales à répétition… À cinq mois des élections régionales, cette offensive politique vise à ressouder l’électorat qui pourrait s’emparer du vote FN pour protester de la pire des manières contre la politique actuelle.
Besson avoue ouvertement l’objectif politique de cette opération lorsqu’il dit : « Nous n’aurions jamais dû abandonner au Front national un certain nombre de valeurs qui font partie du patrimoine républicain ».
On croit rêver, car depuis des années Sarkozy récupère tous les thèmes racistes et sécuritaires du FN afin de phagocyter son électorat. Mais pour que cela marche, il lui faut aller toujours plus loin dans la surenchère. Cette politique n’est pas seulement électoraliste. Elle vise à entretenir les divisions au sein de la classe ouvrière. En faisant de l’immigration un problème, le gouvernement veut faire croire que les étrangers sont une menace, d’où la nécessité de « réaffirmer notre identité nationale ». On trouve des boucs-émissaires qui « piquent le boulot des travailleurs français », on détourne la colère des vrais responsables, les capitalistes. Cet argument fut largement utilisé dans les années qui suivirent la grande crise de 1929, avec les conséquences tragiques que l’on connaît.
Sarkozy s’inscrit complètement dans la politique du « choc des civilisations » qui sert de couverture aux campagnes impérialistes en Orient. Lorsque Besson déclare : « il n’y a pas de débat : la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l’identité nationale », il instrumentalise les quelques centaines de femmes concernées en les diabolisant, il les enferme chez elles alors qu’il faudrait au contraire leur permettre de se tourner vers l’extérieur, ce qui signifie des moyens pour des centres sociaux, des formations gratuites…
La défense de la laïcité, « valeur nationale », ne manque pas non plus de cynisme, alors que Sarkozy fraîchement élu déclarait en 2007 que « l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur », que le gouvernement ne cesse de multiplier les cadeaux à l’enseignement catholique sous contrat...
En fait, cette campagne de stigmatisation est la justification idéologique de la guerre meurtrière que la France mène actuellement en Afghanistan, c’est la préparation d’une éventuelle guerre contre l’Iran…
La gauche devrait dénoncer la manœuvre politique raciste qui ne mènera qu’à opposer les communautés entre elles : blancs contre noirs, occidentaux démocrates contre intégristes musulmans… Or c’est l’inverse ! Ségolène Royal déclare : « ilfaut reconquérir les symboles de la Nation… La Nation, à l’origine, c’est un concept de gauche » et Arnaud Montebourg : « Nous irons défendre les valeurs de la France éternelle ».
Pour nous, anticapitalistes, il faut refuser de défendre l’identité nationale. La nation n’est pas un concept de gauche ! C’est au nom de cette identité, de la mission « civilisatrice de la République française » que l’on a colonisé la moitié du monde de 1880 à 1914. C’est au nom de cette République que l’on a assassiné 35 000 Algériens le 8 mai 1945… Contrairement à Ségolène Royal, nous ne sommes pas fiers du drapeau « bleu-blanc-rouge ». Il est devenu le symbole de l’oppression et de l’exploitation.
C’est toujours derrière le drapeau de la nation qu’on a entraîné les peuples dans les guerres mondiales. Manouchian, dont tout le monde se réclame aujourd’hui, ne luttait pas contre les Allemands mais contre les nazis, son drapeau était rouge et non tricolore. Dès le xixe siècle, les premiers socialistes avaient montré que le nationalisme est l’un des pires obstacles pour abattre le capitalisme car il masque les véritables antagonismes, la lutte des classes. Il donne l’illusion que « Français », nous aurions des intérêts communs avec Pinault, Bouygues, Dassault…
Il est temps d’agir, en regroupant tous ceux qui veulent lutter contre le racisme, pour la régularisation des sans-papiers, contre l’Europe forteresse et impériale. De Bamako, de Caracas, de Gaza, de Kaboul, d’Alger, de New York… nous devons nous unir autour du drapeau de l’internationalisme, reprenant à notre compte la conclusion du Manifeste du Parti communiste, écrit il y a 160 ans, « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ».
dimanche 01 novembre
OU VA LA CGT ; ET EN PLUS ILS EN CROQUENT...................!!!
La presse régionale est pleine d'infos discrètes mais bien intéressantes...
"Presse Océan", journal de Nantes et de Saint-Nazaire, a publié aujourd'hui un article apparemment anodin sur le financement du congrès confédéral.
On peut y lire ce qui suit :
"Du 7 au 11 décembre prochain, Nantes accueillera le 49e congrès national de la CGT. Un événement que le conseil régional des Pays de la Loire et le conseil général de Loire-Atlantique participent à financer via des subventions accordées au syndicat. La Région a voté une aide de 150 000 €. Et le Département une contribution de 60 000 €.
« Ces subventions, complètement légales, entrent dans le cadre de la loi de 2002 de modernisation du dialogue social », précise d'emblée Michel Doneddu, trésorier national de la CGT. « Tout cela se fait dans un cadre complètement transparent. Les comptes des organisations syndicales sont les plus contrôlés de notre pays », assure-t-il.
Le secrétaire confédéral rappelle que « le budget prévisionnel du congrès a été estimé à 2,9 millions d'euros ». « Avec cet événement, il y aura près de 2 000 personnes chaque jour pendant cinq jours à Nantes, avec des retombées économiques importantes dans tout le département, dit Michel Doneddu. Ces subventions sont donc légalement justifiées, économiquement justifiées, socialement justifiées et politiquement justifiées »."
2000 personnes, mais 1000 délégués seulement, soit le prix de 580 euros par délégué et par jour... De la bouche même du trésorier confédéral, on notera.
Et on ne sait même pas si ce budget comprend les hébergements et les transports, en général pris en charge par les structures des délégués...
Tous les militants de classe ont déjà eu l'occasion de critiquer les débauches dans les frais d'hébergement et de restauration lors des réunions nationales. Lors du congrès de Lille, on avait pu noter avec stupéfaction les représentants de l'Avenir Social trinquer au champagne sur leur stand, tout en prétendant collecter pour les travailleurs iraniens...
Ces sommes astronomiques sont à mettre en relation avec l'absence de mobilisation confédérale en particulier face à la répression, par exemple soutenir les Contis, potentiellement condamnés à 63 000 euros (une goutte d'eau dans le budget du congrès...).
Notre syndicat est en train de s'enfoncer toujours plus dans un syndicalisme de bureaucrates, qui "en croquent" comme on dit !
Encore une facette du syndicalisme dont nous ne voulons pas ! Encore une raison de soutenir la candidature de JP Delannoy face à la direction confédérale engluée dans le réformisme et la collaboration de classe !
RUPTURE CONVENTIONNELLE "le piège parfait" : PREMIER BILAN
vendredi 30 octobre 2009
Crédit Photo:
Photothèque Rouge/TorresLa rupture conventionnelle, qui permet àun patron de se débarrasser d’un salarié «à l’amiable» se révèle être un outil redoutable dans les mains du patronat.
Derrière les plans sociaux, déjà bien peu médiatisés, se cachent une multitude de licenciements qui ne font l’objet d’aucune publicité. Les fins de mission des intérimaires et le non renouvellement des CDD en sont un exemple. Mais il existe, depuis l’été 2008, une autre procédure de licenciement, appelée «rupture conventionnelle». Ce nouveau dispositif légal est la transposition de l’accord interprofessionnel signé en janvier 2008 par la CFDT, la CFTC, la CGC, FO et le patronat. La CGT a refusé de signer sans pour autant s’opposer au principe du texte.
Le ministère du Travail vient de publier un premier bilan du dispositif. Depuis son entrée en vigueur, près de 150000 ruptures ont été validées par l’inspection du travail. Depuis le début de l’année 2009, elles ne cessent d’augmenter (13617 en mars, 18222 en juillet) et les refus de validation des inspecteurs sont en baisse (13% en moyenne).
La rupture conventionnelle s’insère dans un cadre de flexibilisation de la main d’œuvre. Le fonctionnement est simple. Un salarié et son employeur trouvent un accord pour mettre fin au contrat à durée indéterminée (CDI) qui les lient. Au cours d’une négociation, ils se mettent d’accord sur un calendrier et sur l’indemnité. Le salarié a la possibilité de se faire accompagner et dispose d’un délai de rétractation de quinze jours. Ce délai épuisé, l’employeur envoie la demande à l’inspection du travail, qui valide ou non la démarche. L’inspection doit s’assurer qu’elle n’est pas le produit de pressions de l’employeur et que celui-ci ne tente pas de contourner ses obligations en termes de plan social par exemple.
Ce dispositif peut séduire des salariés excédés par leurs conditions de travail ou les pressions qu’ils subissent. Il leur permet de toucher une indemnité minimale de rupture (égale à l’indemnité légale de licenciement1) ainsi que des allocations chômage.
Pour les patrons, le système est tout bénéfice. En simplifiant les procédures, il leur permet de faire l’économie de plans sociaux, plus réglementés et plus coûteux et leur évite d’avoir à justifier le motif de séparation et tout recours judiciaire.
Mais ce système est en fait un véritable piège idéologique contre le salarié par lequel le patronat gagne à tous les coups. D’une part, vu le nombre de demandes, il est impossible aux inspecteurs, trop peu nombreux et surchargés, de s’assurer de façon systématique du bien-fondé de chaque procédure. Seules les demandes les plus grossières sont rejetées. D’autre part, ce dispositif fait partie d’une offensive coordonnée contre les fondements du code du travail. Il renforce l’individualisation de la gestion de la main d’œuvre – le rêve de toutes les directions des ressources humaines – et permet au patronat de saper à la base les possibilités de mobilisation collective.
Mais surtout, la rupture conventionnelle s’inscrit dans le cadre de contrat civil et non plus de contrat de travail. Elle enracine l’idée que le salarié et son employeur se trouvent dans la négociation sur un pied d’égalité. Et c’est bien là le cœur de cette réforme du marché du travail chère au gouvernement et au patronat. Déjà, les avocats des patrons s’efforcent de plus en plus de se référer aux principes du contrat civil (égalité des contractants, qui permet de signer tout et n’importe quoi ou presque) opposé à ceux du contrat de travail (qui suppose une inégalité de position entre l’employeur et l’employé, entre celui qui possède les moyens de productions et celui qui loue sa force de travail). Si le patronat parvient à ses fins, les fondations du code du travail, déjà fortement ébranlées, s’écrouleront définitivement et lui laisseront les mains entièrement libres.
Henri Clément
1. un cinquième de mois de salaire par année d’ancienneté, auquel s’ajoutent deux quinzièmes de mois par année au-delà de 10 ans d’ancienneté.
vendredi 30 octobre
LE DEBUT DE LA FIN POUR LES DICTATEURS ET ASSASSINS AU HONDURAS. DU MOINS ON L' ESPERE !
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Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Esteban Felix Le président déchu Manuel Zelaya, entouré de partisans |
Quatre mois après avoir été chassé du pouvoir, le président hondurien déchu, Manuel Zelaya, pourrait bientôt être rétabli dans ses fonctions. À la suite de nouvelles pressions de l'administration américaine, le gouvernement putschiste de Roberto Micheletti a accepté dans la nuit de jeudi soir la perspective du retour de M. Zelaya, un retour qui doit d'abord être approuvé par le Congrès et la Cour suprême.
Selon M. Michelleti, l'accord, qui marque « le début de la conclusion à la situation politique du pays », porte sur la formation d'un gouvernement de réconciliation et sur la tenue, comme prévu, d'une élection présidentielle le 29 novembre.
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Photo: AFP/Yuri Cortez Des partisans pro-Zelaya célèbrent l'annonce de l'accord devant l'ambassade brésilienne. |
D'ici là, le pouvoir exécutif antérieur au 28 juin, dont Manuel Zelaya à la présidence, serait rétabli, a déclaré Roberto Micheletti. M. Zelaya avait refusé la semaine dernière de renoncer à la présidence.
Une commission devrait être chargée d'enquêter sur ce qui s'est passé avant, pendant et après le coup d'État, a expliqué M. Micheletti. Le président putschiste a d'ailleurs demandé que soient levées les sanctions prises par la communauté internationale contre le Honduras depuis le coup d'État.
Manuel Zelaya s'est réjoui de l'accord, estimant qu'il s'agit « [d']un triomphe pour la démocratie hondurienne ». Il est toujours réfugié à l'ambassade brésilienne dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa.
jeudi 29 octobre
LE NPA NE VEUT PAS FAIRE LE GRAND ECART !!!
Interview
Olivier Besancenot va constituer pour les régionales des «listes unitaires», mais sans le PCF ni le Parti de gauche.
Olivier Besancenot,porte-parole du NPA, le 22 octobre à Paris. (Charles Platiau / Reuters)
Après avoir été dépassé par le Front de gauche (PCF et Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon) aux européennes, Olivier Besancenot a engagé le NPA dans une énième tentative unitaire à la gauche du PS. Il répond dans Libération à l’offre nationale arrêtée ce week-end par les communistes.
Le PCF a choisi de partir au premier tour des régionales avec le Front de gauche, sans le PS. En êtes-vous ?
On nous parle d’une offre nationale, mais c’est une politique à géométrie variable. On sait déjà qu’il y aura entre un tiers et la moitié des régions où le PCF ira avec le PS dès le premier tour. Ailleurs, ce seront des listes Front de gauche «élargies», mais la direction du PCF pose comme préalable la constitution de majorités de gestion avec le PS. Le PCF refuse ainsi la main tendue par une partie de la gauche radicale dont le NPA, pour privilégier ses accords avec les socialistes.
Jean-Luc Mélenchon semble prêt à y aller…
On a vu que Jean-Luc Mélenchon se dit partant, on verra. Mais s’il est sorti du PS pour se fixer pour objectif de reconstituer des majorités de gestion avec le PS, ça sert à quoi ?
Que proposez-vous, alors ?
L’offre du PCF n’étant pas acceptable, nous allons proposer demain soir la constitution de listes unitaires de la gauche radicale, indépendantes du PS dans toutes les régions.
En quoi votre projet est-il incompatible avec celui du PS ?
Deux exemples : proposer que des régions portent plainte pour détournements de fonds publics contre les entreprises qui licencient, cela permettrait au moins aux salariés de s’appuyer sur une jurisprudence. Je ne me vois pas aller voir des salariés licenciés pour leur dire qu’on va essayer de récupérer les subventions publiques touchées par leur boîte, et au même moment voter ses subventions dans les exécutifs. On ne veut pas le faire, ce grand écart. On avait cru comprendre que le PCF non plus… Autre exemple : dans le cadre de la libéralisation totale du trafic des voyageurs, chaque région va devoir se prononcer sur la mise en concurrence des TER ; elles doivent poser un droit de veto.
Intégrer les exécutifs de gauche n’obligerait pas pour autant les élus du NPA à voter les décisions qui les dérangent…
Pour que nos élus aient leur liberté de parole, de proposition et de vote, nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’être dans les exécutifs. La direction du PCF explique qu’elle a obtenu la gratuité des transports collectifs pour les chômeurs en Ile-de-France parce qu’elle était dedans. Nous leur avons rappelé qu’en Midi-Pyrénées, lors du mandat précédent, nos deux élus LCR avaient obtenu la même chose en lien avec les mouvements sociaux.
Estimez-vous avoir joué le jeu de l’unité ?
Après les européennes, on a constaté l’émergence d’un bloc de centre gauche autour du PS, Europe Ecologie et Modem. Ces trois courants jouent la concurrence au premier tour pour se disputer le leadership, mais n’insultent pas l’avenir. La discussion est de savoir si, à ce bloc de centre gauche, on oppose un bloc de la gauche radicale, fort de ses nuances et de sa diversité, mais qui assume son indépendance.
Encore une fois, on a l’impression que l’enjeu est de rejeter sur l’autre la responsabilité de la désunion…
L’unité de la gauche radicale, ce n’est pas une fois l’union avec le PS et une fois avec le NPA. J’espère que du côté du PCF ces discussions unitaires n’étaient pas des postures pour faire monter les enchères avec le PS.
N’allez-vous pas faire le jeu de la droite qui part unie ?
La droite part unie car une orientation, l’UMP, a su gagner l’hégémonie politique sur les autres courants. A gauche, certains peuvent se dire : ce qui se passe autour du Modem, d’Europe Ecologie et du PS sera le meilleur moyen de dégager Sarkozy. C’est une illusion. Nous, nous avons intérêt à créer l’événement en disant : «Pour une fois, on s’assume ensemble, on s’affranchit de la tutelle du PS, et on aura des élus pour contester son hégémonie.» Qu’on ne nous dise pas que faire ça, c’est refuser de battre la droite : il y a des possibilités de «fusions démocratiques» qui respectent la proportionnelle au second tour. On demande un accord au PS sur cette base. Ce qui manque dans les régions aujourd’hui, c’est une bonne opposition de gauche.
Le NPA ne va-t-il pas jouer à gauche le jeu que le FN à longtemps eu à droite ?
Comme allié de la droite, on fait mieux… Si une partie de la gauche institutionnelle n’est pas capable de se remettre en cause et préfère se trouver des boucs émissaires, ce n’est pas de notre faute. Sur le fond politique, on nous traite de diviseurs. Les socialistes savent très bien se tirer dans les pieds tout seuls. Electoralement, quand le PS et la gauche se portent bien comme aux dernières municipales, nous aussi. Et quand le PS descend, comme aux européennes, nous ne faisons pas une percée fracassante : 5% ! Ceux qui leur grappillent des voix sont du côté du Modem et d’Europe Ecologie. On ne peut pas nous dire : «Vous êtes les diviseurs qui piquez des voix à la gauche, et vous vous êtes cassé la gueule aux européennes !» Qui a fait la démonstration à gauche qu’il était efficace pour battre Sarkozy ? Un peu d’humilité ! Le problème n’est pas de faire un coup électoral, mais de consolider un bloc anticapitaliste dans les années qui viennent.
Olivier Besancenot, ministre dans un gouvernement de gauche ?
J’entends 10 000 fois dire : «Olivier, avec ta grande gueule tu vas y aller et imposer tes idées.» Il faut expliquer que des accords de gestion, c’est tout sauf un mec qui met un coup de pression à un autre. Dans un exécutif régional ou national, il y a une orientation. Pas deux. On vote quotidiennement pour ou contre telle privatisation, telle subvention à la formation, à l’école privée…
Vous êtes anticapitaliste et n’engrangez pas sur la crise. Vos appels à la grève générale ont tourné court au printemps…
Certains nous avaient annoncé un grand boulevard pour les anticapitalistes au moment du congrès de formation du NPA, en pleine crise et après la première journée de grève générale. Les mêmes nous expliquent aujourd’hui qu’on est morts et enterrés et que nos militants se sont barrés. La réalité est entre les deux : le NPA est une organisation qui compte 10 000 militants et s’est stabilisée dans une situation de reflux social et politique. Si on veut éviter un second quinquennat de Sarkozy, il faut fragiliser sa politique maintenant. Je pense qu’on peut remporter une victoire contre la privatisation de la Poste. Résistons ensemble face à la droite. Pendant dix ans, le PS a estimé que, pour être fréquentables dans les mobilisations sociales, il nous faudrait accepter d’aller dans un gouvernement avec Aubry, Bayrou et Cohn-Bendit. Ça n’a pas marché, tout le monde s’en mord les doigts. Résultat, à mi-mandat, Sarkozy n’a pas enregistré de défaite sociale majeure.
mercredi 28 octobre
NUCLEAIRE : SCANDALE A CADARACHE !
vendredi 23 octobre 2009
Crédit Photo:
Photothèque Rouge/Franck HoulgatteUn nouvel incident mettant en cause la centrale gérée par le CEA, plaide pour l’abandon du nucléaire.
La découverte 39 kgde plutonium dans la centrale de Cadarache (Bouches-du-Rhône) est un véritable scandale. D’autant plus que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a mis trois mois pour signaler cette incroyable « sous-estimation » de résidus de plutonium dans son Atelier de technologie du plutonium (ATPu).
Comment une quantité aussi énorme que l’équivalent de six bombes nucléaires a-t-elle pu être entreposée dans la plus totale illégalité ?
Cet « incident » est malheureusement loin d’être isolé : en août dernier, à Gravelines (Nord), une barre de combustible nucléaire est restée « accrochée » en suspension au dessus de 156 autres. Au Tricastin (Drôme), le 7 juillet 2008, lors d’une opération de nettoyage d’une cuve par la société Socatri – filiale de retraitement des déchets d’Areva – une fuite s’est produite et 76 kg d’uranium se sont échappés, provoquant la pollution de deux cours d’eau. Le 23 juillet, des salariés de la centrale ont été légèrement contaminés par des particules radioactives.
Cette accélération du rythme des accidents, les énormes problèmes que rencontrent les chantiers de l’EPR en Finlande et à Flamanville (Manche), tout cela est lié à la désorganisation de ce secteur récemment privatisé, en quête de toujours plus de profits et ayant de plus en plus recours à la sous-traitance.
Mais la prolifération du plutonium est, hélas, bien plus qu’un problème « conjoncturel » : il est au cœur de l’industrie nucléaire même. Pourtant le plutonium est le déchet le plus dangereux produit par les centrales nucléaires. Son accumulation représente un risque énorme pour la santé des salariés et la population aux alentours. Respirer une poussière d’un centième de milligramme de plutonium provoque de manière presque certaine un cancer du poumon. Il est en outre très réactif et au-dessus de quelques kilos de combustibles stockés au même endroit, les risques de réactions incontrôlées deviennent très importants. Bien qu’une petite partie du combustible soit réinjectée dans certains générateurs (mélangé à de l’uranium appauvri pour produire du Mox), les stocks de plutonium continuent de croître et sa dangerosité et son potentiel explosif sont tels qu’aucune forme de stockage n’est envisageable.
Ces accidents à répétition, ainsi que les scandaleuses révélations concernant l’état lamentable des anciens sites d’extraction d’uranium ou les déchets nucléaires français qui finissent entreposés dans des containers à l’air libre... en Sibérie (!) placent le lobby nucléaire dans une position très délicate. Cela jette un profond discrédit sur cette industrie, ainsi que sur les institutions publiques censées l’encadrer.
La sortie du nucléaire est plus que jamais à mettre à l’ordre du jour avant que le pire n’arrive.
Laurent Grouet
mardi 27 octobre
POINT DE VUE SUR LE CAPITALISME ET SES CONTRADICTIONS !
jeudi 1er octobre 2009 par cnt ait
« La propriété, c’est le vol » (Pierre-Joseph Proudhon)
L’histoire du capitalisme réside dans l’existence de la plus-value (Vision marxiste)
L’idéologie bourgeoise repose sur l’exploitation de l’homme par l’homme, qui induit une société inégalitaire et le capitalisme. Pour ces trois raisons, une grande partie des entités économiques appartiennent à des propriétaires privés que sont les capitalistes. Le but est de vendre une marchandise plus chère que son coût de départ pour obtenir le profit suivant le paradigme :
| Capital variable [1] + Capital constant [2] = Capital organique + Autres coûts intermédiaires + Profit [3] = Valeur de la marchandise (prix de revient + bénéfices =Prix de vente). |
Tant que le CA (chiffre d’affaire) et les divers postes comptables permettent une distribution satisfaisante du revenu primaire (capital variable + PV), tout va pour le taux de profit (PV divisée par le capital organique).
Mais une rente usuraire dégrade : l’accumulation → capital organique → capital constant → compétitivité → capacité de production → capital variable → volume de production → besoin de reproduction de la force de travail. De même, une hausse de la valeur de la force de travail gonfle le capital organique et entraîne une baisse de la PV, donc de l’investissement (sur-accumulation) et de la rente.
Plusieurs solutions s’offrent aux capitalistes pour rétablir les marges, le CA et la PV (positifs) ; ils peuvent les utiliser de façon séparée ou concomitante :
1) augmenter le capital social (ou juridique), soit par ses fonds propres, par la rente ou en faisant appel à de nouveaux propriétaires (actionnaires, par exemple), soit en trouvant des investisseurs (obligations FCP) ou des prêteurs (crédit). En bonne logique capitaliste, ces placements se font contre des bénéfices et génèrent des coûts financiers. L’activité économique de la structure se doit de dégager des excédents d’activité. A défaut, il y a crise de sur-accumulation.
2) élever le taux de profit par une amélioration de la productivité de la force de travail, tout en jouant sur le capital constant pour dégager la PV. Ce qui équivaut à réduire les coûts de production pour que le capital organique donne une meilleure PV : soit à même capital organique, la production hausse, soit on la maintient, en baissant le coût du capital organique. En revanche, les gains de productivité subissent la limite « physique » et l’usure du capital organique : reproduction de la force de travail et du capital constant.
3) acquérir ou fusionner d’autres entités économiques (concentration capitaliste) pour favoriser une économie d’échelle, car certains coûts de production restent identiques ou quasi tels, quelque soit le volume d’activité (Par exemple si le coût du chauffage est de 10 pour mille de la production d’un atelier et si la production de cet atelier double, le prix du chauffage restera inchangé en valeur absolue et donc, en proportion, il chutera de moitié par rapport à la valeur de la production). Un constat s’impose : le travailleur est spolié d’une partie de son travail par la PV. C’est dans les rapports entre « profit/capital organique » ou « capital/travail » que les crises du capitalisme et en partie de nos sociétés s’expliquent. Ce d’autant que le capitalisme est devenu la forme générale de l’économie. Dès lors, l’activité séparée de chaque entité économique (micro-économie) est liée à la macroéconomie (démographie, niveau de développement et culturel, cadre idéologico-politique, mode de vie, formation scolaire, qualification de la main d’oeuvre, état du marché, situation de l’économie générale...)
La structure capable d’organiser cela sur le plan administratif et législatif est l’Etat. En ce sens, la bourgeoisie n’est pas limitée aux seuls capitalistes, mais incorpore les dirigeants et cadres supérieurs : des entités économiques privées ou publiques, des partis, des syndicats, des parlements, des administrations, des organismes paritaires ou cogestionnaires, etc. Tout ce qu’on appelle la technostructure.
Pour juguler la crise de 1929, la bourgeoisie a lancé une politique, qualifiée par certains de socialdémocrate, en mélangeant : fordisme, keynésianisme, libéralisme, protectionnisme, libre-échange, prix du marché ou conventionné. L’Etat et ses partenaires pondant un cadre législatif qui permit la croissance, le marché intérieur et le capitalisme dans un cadre national.
Après la Seconde guerre mondiale, les tensions impérialistes (« Ouest » et « Est »), coloniales (« Nord » et « Sud ») et sociales (lutte des classes) sont encore vivaces. Chaque camp doit maintenir une cohésion interne s’il veut triompher. Pour celui correspondant, plus ou moins, à l’Ouest (avec quelques pays du Sud), cette politique doit transcender les intérêts des classes sociales pour s’instituer et pacifier les rapports sociaux. La bourgeoisie de droite agit pour que les capitalistes réduisent la rente pour accroître le pouvoir d’achat. Par les syndicats, celle de gauche intervient pour canaliser les exigences trop fortes des salariés et prévenir les poussées révolutionnaires, afin que ces premières soient intégrables par le système. C’est le pacte fordiste ou compromis historique.
Parallèlement, en binôme ou en conglomérat, les Etats passent des accords qui élargissent le marché, la concentration et l’accumulation. C’est l’accélération du processus dit de « mondialisation » (GATT, CEE, CNUCED, OCDE...). Protégé et soutenu dans un cadre national, le capitalisme prospère et se structure sous la forme d’oligopoles ou de monopoles. Les Etats et leurs annexes (collectivités territoriales, conseils et divers organismes de gestion, etc.) deviennent des acteurs économiques de premier plan : monnaie, fiscalité, propriété économique étatique (nationalisation ou noyau dur).
Au cours des années 70/80, le système entre dans une nouvelle crise. Le marché national est saturé (production plafonnée aux taux de renouvellement), soit obsolescent (produit dépassé), étroit (trop de concurrence et pas assez de demande pour rentabiliser l’investissement), peu porteur (faible pouvoir d’achat global). Résultat : certains secteurs périclitent. Ainsi, pour l’UE (ex-CEE) en moyenne annuelle :
| Années | 1960 à 1970 | 1970 à 1980 | 1981 à 1990 | de 1991 à 2000 | 2001 à 2008 |
| PIB | 4.70 % | 2.20 % | 2.30 % | 2.08 % | 2.00 % |
| Inflation | 3.80 % | 10.60 % | 9.60 % | 5.92 % | 2.00 % |
| Années | 1960 à 1970 | 1970 à 1980 |
| Croissance de l’emploi | 0.30% | 0.10 % |
| Chômage | 2.40 % | 2.80 % |
Un autre repère, la formation de capital fixe :
| Années | 1960 à 1970 | 1986 | 2006 |
| UE (ex-CEE) | 22.10 % | 18.50 % | 14.00 % |
| USA | 18.00 % | 15.60 % | 19.00 % |
| JAPON | 32.40 % | 27.90 % | 25.00 % |
Pour sortir de ce marasme, deux schémas s’affrontent :
1/ L’un affirme le rôle prédominent de l’État et préconise :
d’augmenter la fiscalité pour réaliser des investissements,
de redistribuer du pouvoir d’achat, afin de relancer la consommation et la croissance, de nationaliser les secteurs économiques stratégiques (énergie, technologie, alimentaire et financier),
de mettre sous la coupe de l’Étatles secteurs privés peu bénéficiaires, car, en éliminant la rente, la plus value même faible est suffisante, on peut même concentrer en monopoles ces secteurs pour qu’ils soient rentables. Il y a aussi cette arrière pensée bolchevique, formulée par Lénine et Trotsky, entre autres. D’après eux, la concentration oligopolistique se mue en concentration monopolistique d’État (quelques groupes contrôlant tout, y compris l’État). L’étatisation place ces monopoles sous le contrôle direct de hauts fonctionnaires (capitalisme monopolistique bureaucratique d’État). Il suffit que la population laborieuse confie à ses représentants la direction de l’État, qui devient du coup populaire ou prolétarien, pour que soit réalisé le socialisme (version URSS et ses satellites). Ce qui n’est au bout du compte que du capitalisme d’État, sa technostructure accapare l’ensemble des décisions et privilèges. Les inégalités et les classes sociales perdurent.
2/ L’autre veut la propriété privée dans le cadre de l’économie concurrentielle régulée par le marché.
l’État doit se maintenir au strict nécessaire (appareils répressifs). Cette tendance de la bourgeoisie va réussir à imposer une politique libérale et « mondialiste » pour le compte des capitalistes intéressés (souvent des oligopoles nationaux ou multinationaux). Ce qui implique de modifier les cadres nationaux par des accords de libre échange qui minorent le protectionnisme : c’est fréquemment une régression des législations dites nationales, voire une remise en cause de la protection sociale et de la condition salariale. Les entités économiques de l’État, très juteuses, sont privatisées et mises en concurrence sur le marché qui se développe (l’AGCS), des nouveaux bénéfices sont récupérés. C’est une manière de soumettre l’économie étatisée à la rationalité comptable du capitalisme libéral, car, la fiscalité coûte cher et l’État dépense beaucoup pour un piètre résultat. D’autre part, en réduisant l’hégémonie de l’économie étatisée, l’équation léniniste n’est plus valide. En effet, davantage protégés (rémunération, garantie de l’emploi, non concurrence), les salariés de l’État sont plus vindicatifs. Pour remédier à cela, il faut les assujettir au même régime que ceux du secteur privé et à la concurrence de la valeur de la force de travail. A noter que le salariat suit la même phase de la concentration capitaliste. Dès lors, il peut constituer des groupes plus ou moins puissants, en capacité d’imposer des conventions collectives. Celles-ci concernent des fractions importantes du salariat. Ce qui aboutit, par extension, à ce que la valeur de la force de travail soit uniforme. L’argument de perte de compétitivité et de part de marché, causées par les coûts salariaux, tombe. Par des montages juridiques complexes (sociétés écrans, donneurs d’ordre, sous-traitances, cartels, holdings, « toyotisme », etc.), les capitalistes maquillent cette réalité oligopolistique et monopolistique. Les capitalistes assurent des transferts de capitaux (investissements directs ou par prêts) vers les pays en voie de développement pour assurer leurs propres marché et croissance. Le phénomène des délocalisations favorise donc le développement du pays d’accueil ; alors que dans le pays de départ, il fait taire les moindres exigences des salariés par le contrecoup du chômage (armée de réserve). Ce qui force les salariés, mieux rétribués, à accepter une diminution de leur condition salariale pour conserver leur emploi. Il ne faut pas oublier que la valeur de la force de travail afférente à chaque pays est actuellement différente et renforce le phénomène des délocalisations. Ainsi, les capitalistes garantissent leur profit. Par le biais de la division internationale du travail, les pays en voie de développement (la périphérie) reçoivent des pays dominants (le centre) leur production sénescente à forte main d’œuvre peu qualifiée. Le coût de cette dernière, le niveau de développement et d’équipement rendent ce type de production solvable pour le marché des pays en voie de développement. En même temps, les premiers conservent celle à haute PV, qui nécessite une main d’œuvre hautement qualifiée. Ce qui est adéquat à leur macroéconomie.
En théorie, tout cela doit permettre un « cycle vertueux »du capitalisme régulé par la « main invisible du marché ». On sait maintenant que la situation est loin d’être mirifique. Partant de là, les capitalistes, les bourgeois, les patrons, les prolétaires ou les salariés du privé ou de l’État peuvent soit diverger soit converger, suivant que leurs intérêts économiques pâtissent ou bénéficient du libéralisme ou de la mondialisation.
Deux exemples :
lorsque Renault délocalise en Roumanie, les salariés de ce pays applaudissent et ceux de la France protestent ; mais, si les salariés de Roumanie achètent des produits fabriqués en France, les salariés de ces secteurs jubilent
les patrons et les salariés du textile protestent quand la Chine s’octroie ce type de production ; en revanche, comme la Chine achète des avions, le secteur de l’aéronautique est satisfait. Chacun se positionne ou repositionne selon le corporatisme et le court terme d’après ces deux agencements :
étatisme, protectionnisme, nationalisme, marché local,
et marché local, international, libre-échange, libéralisme.
Ces deux schémas divergent sur la forme, mais pas sur le fond qui est l’oppression et l’exploitation. Ils n’expriment que les intérêts et rivalités intercapitalistes et inter-bourgeoises. Se positionner pour les exploités selon l’un de ces deux schémas revient à pratiquer la collaboration de classe, c’est-à-dire défendre les intérêts des privilégiés. La macroéconomie mondiale fait que chaque économie territoriale est empaquetée dans un rapport « export/import » qui s’exprime dans la balance des paiements. Son observation révèle que la réduction de l’import détruit de l’export. Ce qui fait que nous sommes au milieu de gué. Aller en arrière (protectionnisme) ou de l’avant (mondialisation) serait tout aussi pénible globalement. La réalité est que le capitalisme est rentré dans une nouvelle phase d’extension et personne ne sait d’avance sa finitude, vu les contradictions soulevées par sa logique. D’après nous, le fond et la forme (multiple) du capitalisme sont à détruire à la fois.
Membres CNT-AIT Caen, Été 2009
[1] Capital variable : valeur individuelle ou collective de la force de travail ou coûts salariaux)
[2] Capital constant : autres coûts de production : matières premières,machines, bâtiments...)
[3] Profit : Plus-value (PV) affectée au besoin personnel du propriétaire qui devient la rente ou qu’il réinvestit en capital organique, ce qui produit l’accumulation ou MBA (marge brute d’autofinancement)
MORTEL TRAVAIL !!!
Mortel travail
Yann FIEVET
L’un des signes majeurs de la décrépitude du politique entamée voilà trois bonnes décennies est la grande capacité des élites gouvernantes et intellectuelles à prendre le citoyen pour un crétin. L’exemple du travail et de ses avatars morbides actuels va nous offrir l’occasion de dépeindre une réalité peu flatteuse pour la « clique néolibérale » si prompte à culpabiliser les gens de peu et les cadres rétifs, tous accusés de faire prendre du retard à « l’entreprise France ». Les « suicidés du travail » n’ont pourtant rien pour nous étonner. La croissance très sensible de leur nombre encore moins. Avoir le culot monstrueux de parler à cet égard d’une mode comme l’a fait M. Lombard, patron impitoyable de France Télécom, révèle de façon magistrale une époque déboussolée et une économie criminogène construite patiemment depuis la fin des années 1970. La fausse naïveté n’est donc pas de mise en la dramatique circonstance ; elle est une insulte à la mémoire des victimes du travail, à la douleur de leur famille et de leurs collègues se débattant encore dans le piège duquel la mort les a, eux, enfin délivrés. Terrifiante réalité !
Est-il vraiment nécessaire d’inventorier les si nombreux ingrédients qui ont contribué à façonner le monde du travail tel que le rêvait le Medef et tel que le loue les économistes orthodoxes ? La feinte et indécente surprise de trop nombreux observateurs nous incite à un bref passage en revue. Le fort développement conjoint de la flexibilité du travail et de la précarité de l’emploi, l’individualisation des rémunérations et des carrières au service de la concurrence entre salariés, l’acceptation de conditions de travail dégradées par des salariés craignant le chômage, la suspicion généralisée envers les arrêts de travail pourtant très majoritairement justifiés, l’introduction brutale des méthodes managériales privées dans les services publics, les atteintes répétées à l’expression du droit syndical et l’intimidation caractérisée envers les velléités d’adhésion syndicale des salariés dans les entreprises de taille modeste, etc. Tel est le funeste florilège des bouleversements subis dont le but unique déclaré – mais jamais clairement défini – est la recherche systématique de l’Efficacité. La capacité de travail des salariés est bel et bien redevenue en quelques décennies une marchandise vulgaire dont il convient de tirer tout le parti au nom du prétexte commode de l’impitoyable concurrence internationale.
Les éternels étonnés toujours tombés de la dernière pluie ne devraient pas pouvoir plaider l’ignorance. Ils sont souvent de grands lecteurs ou devraient l’être au regard de leurs éminentes fonctions. Il semble qu’ils ne lisent pas les bons livres et les bons rapports ! Cela fait déjà dix ans que Christophe Dejours a alerté l’opinion avec son ouvrage remarquable de lucidité sur le présent de l’époque et d’inquiétude pour l’avenir. « Souffrances en France » avait comme sous-titre « la banalisation de l’injustice sociale ». On a tellement sombré dans le banal qu’une vague de vingt-cinq suicides dus au travail parmi les salariés d’une seule et même entreprise peut aujourd’hui être présentée par son PDG comme une simple mode impulsée par la médiatisation de « quelques accidents de parcours » inévitables au temps de l’adaptation des structures productives. Il y a beau temps également que Jean-Pierre Le Goff a publié « la barbarie douce » renforcée elle aussi par un sous-titre sans équivoque : « la modernisation aveugle de l’école et de l’entreprise ». Mais dans un monde tout dévoué au commerce et au business, qui s’arrête sérieusement sur les écrits d’un psychiatre spécialisé en pathologies mentales du travail ou d’un sociologue à l’indépendance d’esprit ? Qui en fait une lecture suffisamment attentive et objective dans le but d’aider à enrayer les dérives mortifères clairement dénoncées par des hommes scrutant les méandres tortueux de la société marchandisée ?
Nos innocents aux mains coupables de ne pas avoir agi et au cerveau totalement occupé par la vulgate néolibérale ont encore moins lu les rapports alarmants du Collectif des médecins du travail de Bourg-en-Bresse. Chaque année depuis 2000, ils nous alertent inlassablement eux aussi sur la double difficulté d’exercer leur métier – ô combien indispensable dans le contexte de dégradation grave des espaces de travail – et de faire reconnaître la pertinence du concept de « santé au travail ». Des professionnels à la conscience chevillée au corps et qui ne confondent pas le serment d’Hippocrate avec un sermon hypocrite servi trop souvent au travailleur forcément flemmard. « D’abord ne pas nuire » au salarié n’est malheureusement pas le credo de trop nombreux médecins du travail qui préfèrent ne pas nuire au patronat.
Hélas ! le pire semble à venir. Le gouvernement Fillon sous insistance du Medef souhaite réformer la médecine du travail dans un sens bien peu progressiste. Les médecins du travail n’assureraient plus officiellement le service de santé au travail, mais seraient remplacés par un nébuleux « service de santé au travail » (SST). La « pénurie » de médecins du travail serait entérinée puisque infirmiers, personnel médical, médecins de ville s’y substitueraient. Les visites avec de vrais médecins du travail n’auraient plus lieu que tous les quatre ans « sur demande » et si « l’infirmier en santé au travail évalue le besoin de voir le médecin du travail ». La visite d’embauche aurait désormais un but de sélection et d’éviction. Actuellement, l’aptitude et l’inaptitude se définissent exclusivement en fonction des risques pour la santé du salarié à son poste de travail. L’aptitude deviendrait, comme sous Vichy, « l’absence de contre-indication physique ou psychique à la tenue par le salarié du poste de travail » et l’inaptitude comme « la contre-indication physique ou psychique entraînant une restriction pour le salarié de remplir une ou plusieurs tâches liées à son poste de travail ». Les mots « santé » et « risques » ne figurent même plus dans la définition de l’aptitude. Et tout cela avec des SST ayant des conseils d’administration où les employeurs disposent des deux tiers des siéges !
Aucun syndicat n’a accepté de signer ce texte en l’état, texte qu’il convient de qualifier de scélérat puisqu’il intervient au moment où au lieu de démanteler la médecine du travail il faut impérativement la renforcer. Terrifiante réalité, vous disait-on !
Yann Fiévet
ROSA LUXEMBOURG
De 1907 a 1913, Rosa Luxemburg donne des cours d'economie politique a l'ecole du
parti social-democrate allemand. Alors que ce dernier se montre de plus en plus
complaisant a l'egard d'un systeme qui conduit tout droit a la Première Guerre
mondiale, Rosa Luxemburg fait ressortir les contradictions insurmontables du
capitalisme, son inhumanite croissante, mais aussi son caractere transitoire. Appuye
sur les avances scientifiques et critiques de son temps, son regard embrasse les
formes d'organisations sociales les plus variees, depuis le "communisme primitif"
jusqu'au dernier-ne des modes d'exploitation, le capital "assoiffe de surtravail".
Dans ces leçons, qui s'inscrivent dans le droit-fil de la Critique de l'economie
politique de Marx comme du Manifeste communiste, elle pose la question qui resurgit
aujourd'hui avec plus d'insistance que jamais: socialisme ou chute dans la barbarie!
ROSA LUXEMBOURG
Introduction a l'economie politique*
Preface de Louis Janover
http://atheles.org/agone/rosaluxemburg/introductionaleconomiepolitique/
En librairie depuis le 23/10/2009
ISBN : 978-2-7489-0113-9
464 pages, 14 x 21 cm, 20 euros
*Introduction a l'economie politique* est le premier titre d'une nouvelle
collection, realisee en co-edition avec le collectif Smolny… qui accueillera les
œuvres completes de Rosa Luxembourg.
Plus d'infos sur Smolny... (Collectif d'edition des introuvables du mouvement
ouvrier): http://www.collectif-smolny.org/



