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jeudi 24 mai

QUAND LE PS REFUSE DE RECEVOIR ALEXIS TZIPRAS LEADER DE LA GAUCHE "DITE RADICALE" GRECQUE


Quand le PS refuse de recevoir Alexis Tsipras, le leader de la gauche radicale grecque

Le 21 mai 2012, Alexis Tsipras, chef de la gauche radicale grecque Syriza, s’est rendu à Paris afin de rencontrer les principaux dirigeants politiques de la gauche française. Ayant eu vent que les français venaient d’élire un homme se réclamant du socialisme, il eut l’impertinence de demander à être reçu par un de ses représentants. Et la réponse fut… NON !

 

 

Le nouvel homme fort de la gauche grecque

Alexis Tsipras est le nouvel homme fort de la gauche grecque. Le 6 mai dernier, sa formation est arrivée en deuxième position des élections législatives (16,78%), après la droite (Nouvelle-Démocratie- 18,85%) et devant le PASOK (parti socialiste-13,18%), devenant ainsi la première force de gauche du pays. Aucun de ses trois partis n’ayant réussi à former de gouvernement, les grecs devront retournés aux urnes le 17 juin 2012.

A en croire les sondages, Syriza arriverait cette fois en tête du scrutin (entre 23% et 27% selon les différents sondages), devançant les deux partis traditionnellement au pouvoir. Que ces prévisions s’avèrent justes ou non (attendons le 17 juin), le jeune leader de la gauche radicale a de réelles possibilités de devenir le prochain dirigeant de la Grèce.

De la Grèce ! Vous entendez ! Non pas de la Barbade, du Turkménistan, des îles Cocos ou je ne sais quelle contrée reculée dont les politiques nous échappent souvent, voire nous indifférent, non non de la Grèce ! Ce pays dont le nom est sur toutes les lèvres, celui qui fait suer les banquiers et cauchemarder madame Merkel. Ce pays dont, paraît-il, dépend le sort de toute l’Europe, du monde et de l’univers. Et bien figurez-vous que ce pays risque de voir arriver à sa tête une nouvelle force de gauche : Syriza. Et c’est là que ça coince !

 

Le « Mélenchon grec »

C’est comme cela que les éditocrates le nomment. Dépassés par cette nouvelle force politique qu’ils n’ont pas vu venir et ne comprennent pas (ou plutôt qu’ils n’ont pas voulu voir venir et qu’ils ne cherchent pas à comprendre), les voici répétant à l’envie que Tsipras est le chef de « l’extrême gauche » et que son élection entraînerait de facto une sortie de la Grèce de l’Euro, qui elle-même causerait la perte de tous les autres états membres, et patati et patata… Quelle originalité ! Ça ne vous rappelle rien ? « Extrême gauche », « sortir de l’Euro »… les mêmes termes et menaces qui ont déjà été employés pour décrire… Jean Luc Mélenchon !

Le « Mélenchon grec » était donc de passage à Paris en ce lundi 21 mai 2012. Fièrement accueilli par les représentants duFront de Gauche (le vrai Mélenchon, Pierre Laurent, Martine Billard…), il a tenu en leur compagnie une conférence de presse à l’assemblée nationale, ainsi qu’un court meeting, sous la pluie.

 

Une fin de non-recevoir

Avant de se rendre à Berlin rencontré les dirigeants de Die Linke, Tsipras avait sollicité une rencontre avec le PS. Après tout, entre « frères » de gauche, on peut bien se serrer les coudes ! Manque de bol, le PS ne semblait pas être sur la même longueur d’onde et déclina l’invitation. Que François Hollande ne l’ait pas reçu peut se comprendre. Après tout il a des obligations maintenant, et rencontrer ses nouveaux potes du G8 en est une de taille ! Mais les autres ? Les membres du gouvernement ? Les ténors du parti ? Qu’avaient-ils à faire de si important pour ne pas pouvoir accorder quelques minutes de leur temps si précieux à celui qui demain gouvernera éventuellement la Grèce ? Ça ne les intéresse plus la Grèce ?Pourtant il y en aurait eu des choses à dire : "Alors, paraît que t'es la figure montante de la gauche grecque ? Il s'en passe des choses chez toi dit donc, tu comptes faire quoi, t'as des plans ?" Non, quand même, ça aurait pu les intéresser ?!

Il devrait pourtant savoir qu’il n’est pas très agréable de se voir ainsi boycotter par ses voisins. Quand il y a quelques mois certains dirigeants conservateurs européens refusaient de recevoir M. Hollande, le mot « scandale » était sur toutes les lèvres. Des centaines d’articles dénonçant cette « fronde anti-Hollande » ! Deux hommes, deux politiques, deux poids, deux mesures !

 

« Ce ne sont pas des dirigeants européens qui doivent peser sur la décision du peuple français »

Monsieur Tsipras ne doit pas se sentir offenser. Après tout, comme le disait F. Hollande en réaction à cette « fronde » qui se levait contre sa personne : « Ce ne sont pas les dirigeants européens qui doivent peser sur les décisions du peuple français (…) Nous sommes une grande nation, un grand pays, qui ne se fait pas commander ses choix par des chefs d’états et de gouvernements amis, extérieurs à notre démocratie ».  

Mais la France n’est pas la Grèce. Si notre « grande nation » n’a que faire des remarques émises par ses partenaires européens, elle peut en revanche se permettre de donner des leçons à ce « petit pays » qui emmerde le monde entier. Non mais pour qui se prennent-ils ces grecs ? Vouloir élire un homme dont la politique s’opposerait sévèrement aux politiques d’austérité voulues par Bruxelles et consort ! De la folie douce ! Il fallait réagir.

Monsieur Fabius, nouveau ministre des affaires étrangères, s’en chargea : « Si les grecs veulent rester dans la zone euro, ils ne peuvent se prononcer pour des formations qui les feraient sortir de l’Euro ». La messe est dite. Selon M. Fabius, les grecs ne doivent pas voter pour Syriza, et il n’hésite pas pour cela à brandir le même et seul argument servi à longueur d’antenne, à savoir la redoutable sortie de l’Euro. Mais alors que doivent-ils faire ? Et bien voter pour le PASOK, vous savez ce parti qui vient d’infliger neuf plans d’austérité à son peuple les laissant plus endettés qu’avant, et plus désespérés.

D’ailleurs, je vous le donne en mille, savez-vous avec qui François Hollande s’est entretenu durant une heure à l’Elysée ce mardi 22 mai ? Avec M. Venizelos, le chef du PASOK, et cela le lendemain du jour où le PS refusait de recevoir Tsipras.

Que le PS reçoive le chef du PASOK est compréhensible et logique. Ils appartiennent à la même famille politique. Mais qu’au bout d’une semaine à la tête de l’état, le nouveau président de la république préfère afficher son soutien à un parti qui a été désavoué par son peuple, et refuser dans le même temps de s’intéresser à celui qui lui a été préféré, me semble être une faute politique et témoigner d’un grand manque de clairvoyance.

 

L’union de la gauche n’est pas pour demain

L’attitude du parti socialiste n’est pourtant guère surprenante, mais n’en est pas moins préoccupante. Le mépris dont M. Tsipras est l’objet est en tout point similaire à celui que le PS a affiché envers Mélenchon et le Front de gauche durant cette campagne présidentielle. Après avoir refusé le moindre débat, oublié de remercier les 4 millions d’électeurs du Front de gauche, sans qui la victoire de François Hollande n’aurait pas été possible, et fait capoté les accords pour les législatives (et j’en passe !), il semble que le mot d’ordre du PS soit sans aucune ambiguïté : Tous sauf la gauche anti-austérité, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne.

Les dirigeants du PS ne pourront pas continuer longtemps sur cette voix-là. Eux qui revendiquent si souvent appartenir à « la Gauche Réaliste » devrait comprendre que la réalité est par définition mouvante et instable. Rien n’est jamais figé, les hommes continuent d’écrire leur histoire. Gouverner avec des œillères, refuser de prendre en compte ce qui les dérange, risque de les conduire (et nous avec) à de grandes déconvenues.

Lien article :  http://blogs.mediapart.fr/blog/lilith13/230512/quand-le-ps-refuse-de-recevoir-alexis-tsipras-le-leader-de-la-gauche-radic

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VOTER EN MASSE POUR DES DEPUTEE (EES) FRONT DE GAUCHE LE 10 JUIN 2012

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mercredi 23 mai

J-L MELENCHON EXPLIQUE COMMENT LEGALEMENT ON PEUT OBLIGER LES BANQUES A FINANCER LES ETATS AVEC DES TAUX D'INTERETS QUASI NUL


Mélenchon - l'emprunt forcé sur les banques par unMondeCitoyen

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mardi 22 mai

CES VILLES GEREES PAR L'EXTREME-DROITE.........!


Ce que le FN a fait en local, il peut le faire en national.

 

Maxime Vivas et Eric W. Faridès

(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle image du beau château des Le Pen).

LGS


Des électeurs :

« On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». 

Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ».

Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, « villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier.

Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois de la République


A Vitrolles

Catherine Mégret est élue maire le 9 février 1997(1). La dette de la ville augmente. La Chambre Régionale des Comptes de Provence Alpes Côtes d’Azur s’inquiète du budget municipal.

Une prime de naissance de 5 000 francs est octroyée aux familles françaises. Catherine Mégret est condamnée pour discrimination à la prime de naissance.

En juin 1997, le Lycée Pierre Mendès-France refuse d’inscrire Sofia Touzaline, lycéenne née en France de parents Algériens. Une conseillère d’orientation du lycée rapporte avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : « Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre ». Le MRAP et SOS-Racisme se portent parties civiles. En 1998, la proviseur est suspendue de ses fonctions par le recteur d’académie d’Aix-Marseille.

La municipalité décrète la fin des repas de substitution sans porc dans les cantines scolaires. Alain Darmuzey, directeur d’école du Liourat et surveillant de cantine est relevé de ses secondes fonctions par Catherine Mégret, car il a refusé de lui serrer la main.

L’association pro-FN « Fraternité française » (2) reçoit de fortes subventions. La mairie ferme des centres aérés et la mission prospection de « Vitrolles Emploi Formation ». L’association Vitrolles-Kiffa est jetée hors de ses locaux. Des subventions aux syndicats et associations humanitaires sont supprimées. La municipalité tente de s’expliquer : « Les vraies associations (…) reçoivent une aide financière (…). Pour elles, les subventions ont augmenté de 40%... ».

La mairie limoge la directrice du cinéma Les Lumières pour avoir proposé des courts-métrages portant sur la prévention du sida. En contrepartie, l’équipe de Bruno Mégret « s’est efforcée d’obtenir la construction d’un vaste complexe cinématographique de type multiplexe dans la zone commerciale ». Le FN-MNR remplace les cinémas d’art et d’essais par de la malbouffe culturelle produite à la chaîne.

Catherine Mégret tient des discours racistes dans le journal Allemand Berliner Zeitung : « les immigrés l’esprit colonialiste ; les immigrés [... ], ils font je ne sais combien de gamins, qu’ils mettent dans la rue. Ils font des gamins pour toucher des allocations, ils ne les élèvent même pas. [...] Vous interrogez n’importe qui, à part une personne de mauvaise foi, on va vous répondre qu’effectivement il y a des différences entre les races, il y a des différences entre les gènes. C’est ce que disait M. Le Pen. ».

La mairie licencie des agents sociaux et certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois). En Août 1997, la Justice annule 31 licenciements car « le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ». L’arrivée de la nouvelle équipe signe le départ de cadres municipaux consécutif aux méthodes FN.

En novembre 1997 « Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d’une dizaine d’hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaque le piquet de routiers grévistes du carrefour de l’Anjoly. Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels... ».

En décembre 1997, 5 conseillers de Vitrolles sont mis en examen pour « complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation » et « complicité de destruction de biens » après l’agression des routiers grévistes.

« Il faut faire de la répression, c’est-à-dire il faut punir, poursuivre, attraper ceux qu’on connaît » affirme Catherine Mégret au Berliner Zeitung. Les éducateurs de rue et agents de prévention sont remplacés par des policiers. Bruno Mégret se vante d’avoir multiplié par deux les effectifs de la police, d’armer les policiers municipaux, de développer la vidéo-surveillance, le « patrouillage », les brigades d’interventions rapides… L’augmentation du nombre de policiers municipaux n’améliore pas les chiffres de l’insécurité. Ni la sérénité. Les policiers de Mme Mégret sont surnommés les « ninjas » à cause de leur tenue et de leurs gros bras.

Les animateurs du bar musical Le Sous-Marin sont accusés par la mairie de création de fausse monnaie et de trafic de drogue. Ils sont contraints de s’installer à Gardanne. Puis, Catherine Mégret est condamnée pour « effractions et voix de faits » (murage du bar musical) et pour diffamation à l’encontre de l’association culturelle Productions du Sous-Marin.

La mairie redéfinit « l’identité provençale » : la rue Nelson Mandela est rebaptisée Place Provence, un blason modifie du drapeau de la ville qui devient « Vitrolles-en-Provence ».

La municipalité rénove les églises et les lieux de cultes. Bruno Mégret affirme que la municipalité « a entrepris de valoriser nos racines (…). La chapelle de vie au sommet du Rocher a été rénovée ainsi que les cheminements qui y conduisent. Dans le Vieux Village, la réhabilitation intégrale de l’église Saint-Gérard a été lancée ». Le 15 février 1998, Bruno Mégret annonce sur France 2 qu’il n’y aura pas d’emploi-jeunes à Vitrolles.

L’équipe municipale pratique ouvertement la discrimination sociale. Bruno Mégret affirme sur son blog : « La municipalité a entrepris de donner systématiquement la priorité aux Français dans la limite des possibilités légales. (…). Les emplois au sein de la mairie sont accordés en priorité aux Vitrollais français. Les certificats d’hébergement et les mariages blancs supprimés. Quant aux aides sociales, elles s’efforcent, dans la limite des lois actuelles, de privilégier systématiquement nos compatriotes. Bien que la ville possède peu de logements HLM depuis que l’ancien maire PS a bradé le parc immobilier de la SAVEM, l’équipe Mégret a cherché à favoriser systématiquement les Français dans l’octroi des logements ».

L’élection du 24 juin 2002 est annulée par décision du Conseil d’Etat suite à un tract diffamatoire reprochant à un candidat d’avoir « abusé sexuellement d’une personne en position de faiblesse psychologique ».

Un conseiller municipal FN est rayé des listes électorales par le tribunal d’instance de Martigues car il ne réside pas à Vitrolles.

Catherine Mégret est accusée de détournement de fond public : elle a fait envoyer aux frais de la commune des lettres aux maires de France pour appuyer la candidature de son mari Bruno Megret. Ce non-respect des règles de financement de campagne électorale à un coût : plus de 74 000 €. En 2006, elle est condamnée à cinquante milles euros d’amende, à un an d’inéligibilité et de frais divers ainsi qu’à huit mois de prison avec sursis. Quatre anciens cadres de la municipalité ont également été condamnés à des peines allant de trois à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 1.500 euros

En mars 2009, le communiste Richard Dubré, secrétaire de la section de Vitrolles et membre du secrétariat fédéral du PCF est agressé au poignard. « Attendant la proclamation des résultats de l’élection législative de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, il se trouvait sur le parvis de l’hôtel de ville, lorsqu’une quinzaine de gros bras du FN du Var lancent des grenades lacrymogènes avant de se lancer contre le militant communiste qu’ils montraient du doigt. (…). Un des agresseurs s’approche et le poignarde. La lame est passée à deux centimètres du foie. Le militant, hospitalisé, a deux côtes cassées. Un véritable miracle. Le criminel a été reconnu sur les photos prises pendant l’agression. Il devait être interpellé mardi dans la journée ». (L’Humanité, 31 mars 1999).

Bruno Mégret est satisfait de la gestion de la ville et de l’ambiance démocratique qui y règne. Sur son site, on peut lire : « Aucun bouleversement, aucune violence, aucune atteinte aux libertés, aucune mise en cause des droits des Vitrollais ».

A Marignane

Le maire Daniel Simonpieri (3), augmente les impôts locaux. La Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur s’inquiète du budget de la ville.

Le Conseil municipal décide, le 24 juin 1996, de réserver les cantines scolaires aux seuls enfants dont les deux parents peuvent prouver qu’ils travaillent. Le 27 novembre, le tribunal administratif ordonne « le sursis à exécution », c’est à dire « la suspension de l’exécution » de cette délibération.

Le complexe de loisir prévu est remplacé par un supermarché.

Le 4 septembre 1996, Jean-Christian Tarelli, premier adjoint au maire demande à la directrice de la bibliothèque municipale d’interrompre les abonnements aux quotidiens Libération et La Marseillaise et à l’hebdomadaire L’Evénement du jeudi, pour les remplacer par trois publications proches de l’extrême-droite : Présent, Rivarol, National-Hebdo. L’achat de certains ouvrages par la bibliothèque municipale sera refusé « pour des raisons économiques ». En revanche, début 1997, soixante-quinze livres rédigés par des auteurs du Front national ou d’extrême-droite sont commandés sans que les bibliothécaires en aient été avertis. Notons aussi la suspension des abonnements aux « journaux de gauche » dans la bibliothèque pour les remplacer par des « journaux d’extrême-droite ».

Raymond Lecler, ancien directeur de cabinet de la mairie fait un constat des dérives du maire : « remboursements illégaux » ; « 5510 francs pour un repas de Jumelage » et « 4608 francs en frais de séjour pour déplacement au congrès du FN à Strasbourg »… Daniel Simonpieri affirme avoir payé de ses deniers la facture de l’hôtel Hilton et porte plainte pour diffamation.

Daniel Simonpieri supprime « l’avant-veille de Noël, les subsides accordés aux Restos du cœur pour les hivers de 1993 et de 1994, par le précédent maire Laurens Delieul (divers droite) » et « Un local et un camion avec chauffeur prêté pour aller chercher à Aubagne les quelque 1.200 repas que les volontaires de l’association distribuaient à 400 familles en difficulté ». En revanche, selon l’association marignanaise « Alarme citoyens ! », la municipalité a porté la subvention du club de football local de 600.000 à 700.000 francs.

En 2009, Daniel Simonpiéri justifie son refus de voter des subventions au Mrap, par l’argument suivant : « vote politique ».

Le 9 novembre 2011, il est condamné pour fausses factures et emplois fictifs à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amendes et 5 ans d’inéligibilité.

A Toulon

Le 22 mars 1996, la municipalité de Toulon vote son premier budget (4). Contrairement aux engagements du maire, Jean-Marie Le Chevallier, de baisser les impôts, une augmentation de plus de 9 % est adoptée.

On constate une absence de politique cohérente et efficace en faveur des jeunes. La mairie se désinvestit des cités et coupe les subventions des associations qui agissent auprès des citoyens issues de l’immigration. La femme de Jean-Marie Le Chevallier est placée à la tête du Centre de loisirs et d’action sociale. Des associations pro-FN sont créées de toutes pièces telles que « Jeunesse toulonnaise » destinées à organiser les colonies de vacances à la place du centre de loisirs et d’action sociale. Mal gérée, la structure est placée en liquidation judiciaire en 1999.

Les subventions aux associations sont revues : celle du Centre communautaire israélite est supprimée, le Secours Populaire n’obtient que 8 000 francs tandis que la Société des amis des chats bénéficie d’une subvention de 40 000 francs. La mairie maintient un budget associatif en direction des associations d’anciens combattants et des associations de pieds-noirs. Marek Halter est interdit de Fête du Livre et le groupe NTM interdit de spectacle.

La dérive de la municipalité contraint les opposants à en appeler à la Justice pour contester les décisions.

En 1997, Jean-Marie Le Chevallier est élu député de la 1re circonscription du Var, mais en 1998 son élection est invalidée pour triple infractions au financement de campagne.

Toujours en 1997, la municipalité est accusée de pot-de-vin et de monnayage d’attribution de postes administratifs : « A Toulon (Var), c’est une histoire de pots-de-vin qui embarrasse la municipalité dirigée par Jean-Marie Le Chevallier. Son propre chef de cabinet, Philippe de Beauregard, par ailleurs conseiller municipal FN de Hyères, a en effet été mis en examen, mardi 6 janvier, pour « recel de preuve ». La justice lui reproche d’avoir, par son absence de réaction, en quelque sorte « couvert » un cas de corruption dans lequel une employée municipale, Dominique Notto, est compromise. Responsable des femmes de ménage à la municipalité, elle est accusée d’avoir monnayé, en juin 1997 - 30 000 francs en petites coupures - l’attribution de deux postes administratifs ». (L’Express, 15 janvier 1998).

En 1999, Jean-Marie Le Chevallier quitte le Front National. Il est condamné en 2003 pour subornation de témoins dans l’affaire du meurtre de son directeur de Cabinet, un ancien légionnaire. Ce dernier avait été tué par son amant et non par des opposants. Le maire avait fait pression sur des employés municipaux pour que la première piste n’apparaisse pas.

A Orange

Le 18 octobre 2011, la Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur pointe des irrégularités dans la gestion municipale à Orange. La mairie augmente « la surtaxe » de l’eau. On constate un isolement de la ville, lié à ses difficultés pour travailler avec les communes limitrophes. La mairie finance seule les grands travaux entrepris. Elle est contrainte de provisionner à hauteur de 11 millions de francs pour payer les amendes et les pénalités.

Dans la ville, il s’est installé un climat de délation, de peur et d’angoisse pour le personnel municipal. Les insultes et les vociférations fusent de la part de maires adjoints.
Les élus d’opposition déplorent l’attitude népotique du maire et l’absence de recherche de consensus. Le neveu de l’épouse de Jacques Bompard est placé à la tête de l’Office du tourisme...

Jacques Bompard (5), aussitôt élu, décide de supprimer la subvention municipale de 1 million de francs permettant l’organisation des Chorégies (le plus ancien festival français : première présentation en 1869). Après plusieurs semaines de polémique, le ministère de la culture se substituera à la ville. En matière de culture, la municipalité fait des choix : elle invite le groupe Fraction Hexagone qui chante « Une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ».

Côté sécurité, on assiste à une augmentation de la petite délinquance.

Sous prétexte de maintenir la propreté de la voirie, le maire interdit la distribution de tracts anti-FN. L’hygiénisme sert de prétexte à l’absence de démocratie.

J.-Y. Le Gallou, secrétaire national du FN affirme sans vergogne « Dans ce pays assez totalitaire, les villes FN sont un espace de liberté locale, comme lnternet à l’échelle mondiale ».

L’aménagement urbain est à deux vitesses : embellissement du centre ville et absence de rénovation des quartiers populaires. On assiste à une ghettoïsation des quartiers. « En visite dans le quartier, il y a peu, pour « écouter » les doléances des habitants, le maire s’est ainsi contenté de les renvoyer vers leur logeur HLM, Mistral Habitat. « A vous de faire la police », leur a-t-il dit. Jacques Bompard a d’autres priorités : la rénovation, à grands frais, de l’avenue de l’Arc-de-Triomphe, censée assurer sa réélection en 2007. Et que nul ne vienne le contrarier dans ses projets ! ». (L’Express.fr, 25 juillet 2002).

La mairie limite le nombre d’enfants dans les cantines scolaires, mais le cours Aristide-Briand (entrée de la ville) avec son rond-point fleurit et ses jets d’eau fait le bonheur de certains électeurs. La mairie supprime les cars de ramassage vers les Centre Aérés, elle coupe le budget d’associations à caractère social.

En 2010, Jacques Bompart, qui avait connu une garde à vue en 2009, est mis en examen pour prise illégale d’intérêts.

Selon Bruno Mégret : « Jacques Bompard est le seul nationaliste du département à faire du bon boulot. Orange, sa ville, est nickel. Il y opère une gestion exemplaire que je souhaite voir étendue aux autres villes. C’est pour ça que je lui apporte mon soutien... ».

Le Bilan  :

En matière de gestion  : hausse des impôts et endettement des villes, isolement financier et abandon de projets.

En matière d’emploi  : répression des travailleurs et discriminations à l’embauche, mises au placard et licenciement d’agents municipaux, gestion par le stress.

En matière de politique sociale : abandons des défavorisés et des exclus, destruction du terreau associatif, attribution de subventions à la tête du client, haro sur la cantine, absence de politique en faveur de la jeunesse, logique de répression et abandon des politiques de prévention, ghettoïsation des quartiers.

En matière de culture : promotion des auteurs FN, assèchement du pluralisme culturel et promotion du foklorisme, attribution de subventions à la tête du client.

En matière de justice et de sécurité : dérives légalistes et magouilles politico-judiciaires, fausses factures et prises illégales d’intérêts, agression d’élus, propos racistes et xénophobes, détournements de fonds public, effractions et voie de faits, condamnations par les tribunaux, inéligibilités.

En matière de démocratie : népotisme et copinage, discrimination, non respect des promesses électorales. 

Sources : Critique internationale n°4 - été 1999 ; Didier-hacquart.over-blog.com/30-categorie-1080919.html 17 février 2001 ; Ere marine.fr, le site qui ne donne pas envie de voter Marine Le Pen ; Ina, 18 septembre 1997 ; L’Express, 15 janvier 1998 ; L’Express, 25 juillet 2002 ; L’Humanité, 11 novembre 2000 ; L’Humanité, 27 avril 2002 ; L’Humanité, 6 mars 1999 ; L’humanité, 25 février 1999 ; L’Humanité, 24 mars 1999 ; L’Humanité, 31 mars 1999 ; L’Humanité, 27 octobre 1999 ; La Provence.Com, 10 novembre 2011 ; La Provence.Com, 20 février 2009 ; La Provence.Com, 19 mars 2008 ; Le Monde, 26 février 1997 ; Le Monde, 02 Juillet 2009 ; Le Nouvel Observateur, 18 novembre 199 ; Le Nouvel Observateur, 7 octobre 2002 ; Libération, 30 décembre 1995 ; Libération, 17 octobre 1997 ; Libération, 6 janvier 1998 ; Libération, 9 février 1998 ; Libération, 18 octobre 2006 ; Mrap.fr (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; SOS Racisme.org ; Voltairenet.org ; Wikipedia.org… A lire également : Roger Martin, Main basse sur Orange : une ville à l’heure lepéniste, Calmann-Lévy, 1998.


EN COMPLEMENT :

Le FN et les droits des travailleurs.

I- Le FN contre les organisations ouvrières.

Sous le titre : « Le Front national ou l’imposture sociale », la CGT a édité en avril 2011 un argumentaire sur le FN. On peut y lire :

« Quant à son empathie pour le sort des salariés, il suffit de rappeler les propos de Marine Le Pen contre le mouvement social opposé à la réforme des retraites en 2010 : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos … La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers. »

Et la CGT de citer ce cri du cœur du concurrent malheureux de Marine Le Pen à la présidence du FN, Bruno Gollnisch, le 4 novembre 2010 : « Le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT … Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises et menacent l’emploi … La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre ».

II- Le FN contre la retraite à 60 ans.

Le 16 janvier 2011, « Invité du dimanche » d’Aujourd’hui en France/Le Parisien, Jean-Marie Le Pen éclairait les naïfs en parlant de sa fille : « Politiquement, à quelques nuances près, elle a les mêmes opinions que moi. »

Un an plus tard, il feint un désaccord (un !) portant sur l’âge légal de départ à la retraite :

« Il faudrait peut-être que j’aie une discussion avec elle pour savoir quelle a été la motivation de sa décision. »

En vérité, entre le père qui se prononçait pour la retraite à 65 ans et sa fille, la différence est entre l’annonce d’une position claire par l’un et un enfumage par l’autre. En effet, dans son projet présidentiel pour 2012, Marine Le Pen écrit :

« L’objectif doit être fixé de revenir le plus rapidement possible au principe de 40 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. »

C’est la logique de la « retraite à la carte » : le salarié part à taux plein quand il a ses années de cotisation. Cela peut être à soixante-deux ans, soixante-cinq ans ou plus, selon l’âge auquel on a commencé à cotiser et le nombre d’années validées. Dans ce cas il n’y a pas d’âge légal de départ.

En janvier 2011, le site du FN indiquait :

« Le FN soutiendra le maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d’âge légal de la retraite ».

C’est cohérent et cela correspond à la définition de la « retraite à la carte ».
Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon précisait alors :

« Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation, après 60 ans. Imaginons un salarié qui a 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon ».

III- Le vrai visage de Marine Le Pen.

Le FN relooké ne met plus en vente des chansons nazies, des livres négationnistes, des objets évocateurs du troisième Reich. Son égérie ne manque pas une occasion de clamer « Cachez ces bras tendus et ces croix gammées que je ne saurais voir »(6). Elle se découvre un amour subit pour les juifs et elle s’horrifie des chambres à gaz, elle qui fut muette au temps où son père y voyait obstinément un « détail » de l’Histoire. Et la voici patriote plus que Georges Séguy, Jean Moulin et Rol Tanguy réunis, après avoir été formatée par un père et un parti dont le chef historique déclarait :  « L’occupation allemande n’avait pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés ».

Pays à défendre, dit la fille contre « des milliers de clandestins tunisiens et demain libyens, algériens, égyptiens ou marocains, qui débarquent » et qui « ne sont que les éclaireurs d’une nouvelle vague migratoire gigantesque » qui « fera disparaître la population française ». Tremblez !

Pour un peu, on croirait que cette quadragénaire débute en politique, alors qu’elle a été candidate du FN à Paris à l’âge de 24 ans, conseillère régionale en 1998, année où elle a pris en charge le service juridique du FN avant de siéger à son Bureau politique. En dix ans, elle a été conseillère régionale du Nord-Pas-de Calais, conseillère régionale d’Île de France, conseillère municipale, députée européen et elle est à présent chef du parti. Et tout cela sous l’égide d’un FN façonné par Jean-Marie Le Pen qui le lui a offert en dot politique avec autorisation de repeindre les volets, mais à condition qu’il soit associé au choix de la couleur car, président d’honneur du FN, il participe à ce titre aux délibérations des instances dirigeantes du mouvement.

Conclusion :

Le FN, déguisé en berger électoral saura promptement reprendre sa peau de loup gestionnaire sous l’œil attendri de tout ce que l’Europe compte de partis fascistes. Naguère, ce parti s’est fait les crocs sur Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange. N’est-ce pas plus que suffisant ?


Notes :

1) Avec 52,48 % des voix. Elle est réélue en 2001 avec près de 46 % des suffrages.

2) L’association a été « créée en 1988 à l’initiative de Pierre Vial et Jean-Pierre Stirbois, relancée un temps par Bruno Mégret ; elle doit sa survie à l’action de Mireille d’Ornano, vice-présidente du groupe FN de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur », in Virginie Martin, Gilles Ivaldi et Grégory Lespinasse, « Le Front national entre clientélisme et recherche d’un enracinement social », Critique internationale n°4 - été 1999. 

3) Daniel Simonpieri (FN) est élu maire de Marignane de 1995 à 2008. Il emporte les élections de 2001 avec 62.5 %. Il appelle à voter Le Pen en 2002. En 2004, il retourne sa veste au profit du camp UDF-PR (groupe UMP des Bouches-du-Rhône).

4) En 1995, Jean-Marie Le Chevallier est élu maire de Toulon à la faveur d’une triangulaire, in Wikipedia.

5) 1972 Jacques Bompard est un des fondateurs du Front National. En 1995, élu Maire d’Orange. 2001, réélection sous l’étiquette FN avec près de 61 % des suffrages exprimés. Dans les cages d’escalier, sur les marchés, il séduit son électorat en fustigeant les fonctionnaires, les gabegies et le laxisme de l’Etat. En 2005, il adhère au MPF de Philippe de Villiers. En 2008, il est réélu au 1er tour avec près de 61 % des suffrages exprimés. En 2010, il créé le parti la « Ligue du Sud ».

6) - Mais, chassez le naturel… Le 27 janvier 2012, jour de la commémoration de l’holocauste et du 67ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Marine Le Pen était reçue au Parlement autrichien par Martin Graf, idéologue pangermaniste. Le soir, elle était l’invitée d’honneur d’un bal organisé à Vienne par le FPÖ, principale organisation d’extrême-droite. Plusieurs milliers de Viennois ont manifesté, tenus à distance par des centaines de policiers. Le 19 janvier, l’UNESCO, avait retiré l’ensemble des bals viennois de sa liste du patrimoine culturel de l’humanité, en raison de la présence de ce bal sur la liste proposée.

Lien de cet article 16747 :
http://www.legrandsoir.info/ces-villes-gerees-par-l-extreme-droite.html

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LE PS AU POUVOIR : DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE AU SOCIAL-LIBERALISME

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Dix ans après le gouvernement Jospin et même dix-sept ans après la fin du mandat de Mitterrand, la gauche revient au pouvoir. 
Le moins qu'on puisse dire est que Hollande a peu promis. Surtout si on compare son programme à celui de Mitterrand en 1981. 
Mais du programme à sa mise en œuvre, il y a parfois loin et comme le montrent les articles de ces pages, pendant les trois périodes où le PS a dirigé le pays, il a doucement évolué de la social-démocratie vers le social-libéralisme.

HISTOIRES DE PROGRAMMES

Naturellement, les différents gouvernements socialistes doivent être jugés principalement en fonction de leur action politique (ce qu’ils ont fait) plutôt qu’en fonction de leur programme électoral (ce qu’ils avaient promis). Ne serait-ce que parce qu’il y a souvent un gouffre entre les deux… Pour autant, les programmes mis en avant par la gauche avant chacune de ses victoires nous en apprennent beaucoup. Sur l’état des rapports de forces sociaux, d’abord. Et, surtout, sur la longue dérive de la gauche traditionnelle.
Au début des années 1970, sous l’égide de F. Mitterrand, l’union de la gauche a entamé sa marche vers le pouvoir sur la base du Programme commun de gouvernement, avalisé par le PS, le PCF et le PRG (Parti radical de gauche). Ce document de 146 pages dactylographiées constitue, en quelque sorte, un contrat de gouvernement. Globalement, le Programme commun contient des mesures assez audacieuses en matière de pouvoir d’achat et de droit du travail, ainsi qu’en matière de libertés publiques avec la suppression des dispositifs les plus répressifs (Cour de sûreté de l’État, loi anticasseurs). Par contre, le programme commun se garde bien de remettre en cause les institutions de la ve République, à commencer par les pouvoirs exorbitants du président de la République…

Cependant, le cœur du projet est constitué par un important programme de nationalisations industrielles et bancaires, pour conférer à l’État la maîtrise de l’appareil économique. Le projet trace aussi une perspective plus ambitieuse : « le passage du secteur privé au secteur public des pôles dominants de la production et la mise en place de structures démocratiques de gestion que ce passage permet commanderont la transformation effective de la société et ouvriront la voie au socialisme ». 

À partir de 1979, le PCF déclenche une violente polémique contre Mitterrand et le PS, notamment sur le nombre de nationalisations. Mitterrand profite de l’occasion pour s’affranchir définitivement du Programme commun. À la présidentielle de 1981, il se présente sur la base des « 101 propositions », reprenant certaines mesures du défunt Programme commun, mais restant discret sur la transformation du système.

Lorsqu’il se représente, en 1988, F. Mitterrand se dispense de tout 
engagement : pas de programme, pas de propositions ! Juste une Lettre à tous les Français, défendant son bilan présidentiel et présentant quelques éléments de sa philosophie politique… 

En 1997, lorsque Chirac dissout l’Assemblée nationale et provoque de nouvelles élections législatives, la gauche renoue avec la tradition : l’acte de naissance de la gauche plurielle est un accord en bonne et due forme, avec un volet électoral (désistements réciproques) et un volet programmatique : réduction du temps de travail (les 35 heures), plan de création de 700 000 « emplois jeunes », refus de ratifier le traité européen d’Amsterdam…

En 2002, Lionel Jospin avait cru bon de préciser : « mon programme n’est pas socialiste ». Cela ne lui avait pas porté chance. Dix ans plus tard, François Hollande s’est présenté sur la base de 60 propositions, marquées au coin du « réformisme réaliste » qu’il revendique : ne promettre que ce que l’on est sûr de tenir. Et, donc, promettre le moins possible !

François Coustal

MITTERRAND 1981

Le 10 mai 1981, Mitterrand est élu président. En juin, les élections législatives donnent une majorité absolue au Parti socialiste.

Très vite aussi, des mesures symboliques sont prises qui répondent aux mobilisations populaires des années précédentes. Dès le 28 mai, tout en confirmant son choix en faveur du nucléaire, Mitterrand annonce l’arrêt du chantier de Plogoff, objet de manifestations monstres en Bretagne. Le 3 juin, il décide l’annulation du projet d’extension du camp militaire, contre lequel s’étaient mobilisés, depuis 1973, paysans du Larzac, pacifistes et antimilitaristes. Il faut attendre un peu (décembre 1982) pour que soit votée une loi permettant assez largement le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse…

En juillet 1981, le gouvernement augmente le Smic de 10 %, l’allocation handicapés de 20 %, les allocations familiales et l’allocation logement de 25 %. En août, il supprime la Cour de sûreté de l’État, symbole d’une justice d’exception. Quelques mois plus tard, il abroge la « loi anticasseurs » instaurée par Giscard d’Estaing pour criminaliser les mobilisations sociales. Au dernier trimestre 1981, les radios libres (sans publicité) sont autorisées. Et les prix sont bloqués pour six mois. Dans la foulée, deux mesures emblématiques sont prises : l’abolition de la peine de mort et la création de l’impôt sur les grandes fortunes (IGF).

En janvier, la durée légale de la semaine de travail est abaissée de 40 à 39 heures et la cinquième semaine de congés payés est instaurée. En février, la loi sur les nationalisations est votée. En mars, l’âge légal de départ à la retraite passe de 65 à 60 ans. À l’époque, le nombre d’annuités requis pour une retraite pleine et entière était de 37, 5 et l’on entrait plus tôt dans la vie active : donc, l’abaissement à 60 ans de l’âge légal a effectivement permis à des centaines de milliers de salariés – qui avaient leurs annuités, mais pas 65 ans – de partir. Ces mesures sont porteuses d’ambiguïtés et ne constituent pas la « rupture avec le capitalisme » qui avait fait les beaux jours de la reconstruction du PS dans les années 1970. Mais il suffit de les mettre en rapport avec ce que propose aujourd’hui, trente ans plus tard, le PS pour mesurer l’ampleur de sa régression sociale-libérale !

Quant aux nationalisations « cuvée 1982 », elles ne sont évidemment ni l’expropriation des capitalistes ni la première étape du pouvoir des travailleurs. Il n’empêche… Au moment où, partout dans le monde industriel développé, on privatise à tour de bras – ce sont les « années Reagan Tchatcher » – la France se dote d’un secteur public et nationalisé d’une puissance inégalée, que ce soit dans son histoire ou en comparaison avec des pays analogues. Il représente alors 23 % des salariés français, 28 % de la valeur ajoutée, 30 % des exportations et 49 % des investissements. Le secteur bancaire nationalisé représente alors 91 % des dépôts bancaires. Et pourtant : bien qu’en principe dirigées par l’État, ces entreprises fonctionnent exactement comme des entreprises privées, appliquent les mêmes critères de rentabilité et de profitabilité. Elles se font même concurrence entre elles ! Des nationalisations capitalistes, en quelque sorte…

Le tournant de la rigueur
En juin 1982, un premier plan de « rigueur » est mis en œuvre. Mais c’est au cours de l’année 1983 que s’opère le « tournant de la rigueur » : face à la montée des déficits (dont celui du commerce extérieur) et – déjà… – sous la pression de l’Europe et des marchés. Parallèlement, on assiste à une montée continue du chômage. François Mitterrand a tranché : la France reste dans le système monétaire européen. Les conséquences logiques de ce choix s’enchaînent impitoyablement. Les mesures d’austérité se succèdent. En 1984, Pierre Mauroy cède la place à Laurent Fabius. Il n’y a plus de ministres communistes dans le gouvernement.

Parmi les principales mesures de soumission de la gauche au capitalisme, il faut noter l’abolition de l’indexation des salaires sur l’évolution des prix. Cette décision capitale sera l’un des éléments déterminants de la baisse du pouvoir d’achat des couches populaires : c’est là l’origine de la dégradation de la répartition des richesses, les fameux 10 % volés par le capital au travail…

Le pouvoir d’achat n’est pas la seule victime de la nouvelle politique économique des socialistes : l’emploi aussi va souffrir. Ainsi, c’est à un gouvernement « socialiste » qu’il reviendra d’achever la liquidation de la sidérurgie. Il ne lésinera pas sur les moyens. Pour acheter la paix sociale, Jacques Chérèque – ancien syndicaliste devenu préfet spécial, puis ministre – invente la « convention générale de protection sociale » dont la mesure principale est la préretraite, avec départ dès l’âge de… 50 ans. L’objectif est clair : « Il faut retirer les hauts-fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains ». Les reconversions promises seront, elles aussi, emblématiques avec… l’inauguration du parc des Schtroumpfs, dont les emplois sont censés prendre la relève de ceux détruits dans la sidérurgie !

Naturellement, la proposition n°80 du candidat Mitterrand – accorder aux immigrés le droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence – sera « oubliée ».

L’alignement sur l’impérialisme américain est confirmé. Aucune rupture n’aura lieu avec le néocolonialisme. Très vite, le ministre de la Coopération, Jean-Pierre Cot, qui prétendait faire bouger les choses, est écarté. Les réseaux de droite et réseaux socialistes se concurrencent et coopèrent dans le cadre de la « politique africaine de la France », autrement dit la Françafrique. En janvier 1985, les gendarmes français procèdent à l’exécution sommaire d’Eloi Machoro, leader de la lutte pour l’indépendance kanake. En juillet 1985, les services secrets français coulent le Rainbow Warrior, un bateau de Greenpeace qui protestait contre les essais nucléaires en Polynésie, assassinant au passage un photographe. Et ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses turpitudes du pouvoir mitterrandien en matière de politique étrangère et néocoloniale…

En 1986, la droite remporte les élections législatives. J. Chirac devient Premier ministre. C’est la première cohabitation.

François Coustal

TONTON 1988 – 1993

François Mitterrand est réélu en mai 1988. Mais les élections législatives qui suivent ne donnent qu’une majorité relative au PS. Le gouvernement Rocard pratique alors « la politique de l’ouverture », c’est-à-dire la recherche de l’appui des « centristes » pour faire voter ses lois. Un appui récompensé par l’entrée de ministres de droite (modérée) au gouvernement…

Les gouvernements de M. Rocard, de E. Cresson, puis de P. Beregovoy, marquent une mutation essentielle de la gauche et du PS : non seulement il n’est plus question de « rompre avec le capitalisme », mais même toute velléité d’en modérer les aspects les plus brutaux disparaît : l’heure est à la soumission à la loi des marchés, à l’orthodoxie budgétaire, à la réconciliation de la gauche avec l’entreprise et le monde des affaires. Bernard Tapie sera même ministre !

Quelques mesures sont censées rappeler qu’il s’agit bien de gouvernements de gauche : réduction à dix mois du service militaire (au lieu des six mois promis), loi Gayssot réprimant le négationnisme, abolition partielle des lois Pasqua sur l’immigration, par exemple. Ou encore la création du RMI : à défaut de lutter contre le chômage, la gauche tente très timidement d’enrayer le développement des « nouveaux pauvres ». La création de la CSG est présentée comme une mesure de justice, puisque les revenus du capital sont concernés ; mais elle ouvre la voie à l’étatisation de la protection sociale. Le « plan pour les lycées » et la création des instituts de formation des maîtres (IUFM) satisfont très partiellement les revendications de moyens pour l’école et de revalorisation des salaires des enseignants.

Pour autant, le verre est loin d’être même à moitié plein ! En adoptant le principe du « ni ni » – ni privatisation ni nationalisation – la gauche avalise de fait l’impressionnante vague de privatisations que vient d’opérer le gouvernement Chirac entre 1986 et 1988. Mais, en réalité, en éclatant les PTT entre deux établissements – La Poste et France Telecom – la réforme Quilès enclenche un nouveau processus de privatisation. La réforme du statut des dockers constitue une nouvelle attaque contre les acquis sociaux, alors même que se développent au cœur même du pouvoir des phénomènes de corruption à grande échelle (Pelat, Tapie, dossier Elf, etc.).

Dans le domaine international, la politique menée est 100 % guidée par la défense des intérêts impérialistes. C’est la construction capitaliste et austéritaire avec le traité de Maastricht. C’est l’envoi au Rwanda de troupes françaises qui seront, ensuite, complices du génocide. C’est, enfin, la participation - comme force supplétive de l’impérialisme US – de l’armée française à la (première) guerre du Golfe contre l’Irak.

Lors des législatives de juin 1993, la sanction électorale sera terrible : avec moins de 10 % de députés socialistes, cette Assemblée nationale est la plus à droite de toute son histoire…

F. C.

JOSPIN 1997-2002

«J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée nationale. » La déclaration de Chirac le 21 avril 1997 a de quoi surprendre, y compris dans ses propres rangs. Certes, le gouvernement avait été affaibli par les grèves de 1995, la lutte des sans-papiers de Saint-Bernard en août 1996 et par les « affaires » qui commençaient à sortir, mais le RPR avait 245 sièges sur 577 à l’Assemblée (213 pour l’UDF et seulement 52 pour le PS), et les législatives suivantes ne devaient se tenir qu’un an plus tard. Toujours est-il que, contrairement aux prévisions, la gauche plurielle (PS, Verts, PCF, MDC) obtient 319 sièges sur 577 dont 250 pour le PS, le RPR retombe à 134 députés. Jospin est nommé Premier ministre.

Les reniements
Lors de sa campagne, Renault dont l’État est actionnaire à plus de 44 % annonce la fermeture de l’usine de Vilvorde en Belgique. Jospin déclare alors cette décision « financièrement, industriellement et socialement aberrante, alors que le groupe Renault a récemment investi 1, 4 milliard de francs dans la modernisation ». 
Le 16 mars, il participe même à une manifestation aux côtés des salariés et des syndicats à Bruxelles. Le 29 mai, à l’issue d’un meeting de campagne, il assure aux syndicalistes de Vilvoorde venus en délégation : « En tant qu’actionnaire de Renault, les représentants de l’État au conseil d’administration exigeraient que d’autres mesures soient envisagées, étudiées et préparées, pour résoudre les difficultés qui peuvent exister en matière de coûts de production de l’usine de Vilvorde. »

Pourtant, une fois Premier ministre, le 7 juin, soit à peine quelques jours après la victoire de la gauche plurielle, il rencontre le Premier ministre belge et déclare « sur le dossier Vilvorde. Ce n’est pas le gouvernement français qui décide », et qu’il n’a « pas, non plus, une emprise directe sur l’entreprise Renault ». Le 28 juin, la décision de fermeture est confirmée.

Quant au traité d’Amsterdam qui définit les conditions du passage à l’euro, notamment par l’obligation pour les États de respecter le pacte de stabilité ramenant le déficit à 3 % maximum du PIB, Jospin promet que le traité ne sera pas signé si des négociations sur un traité social européen n’était pas engagées. Il qualifie même le projet de « Supermaastricht » et une « concession absurde faite aux Allemands ».

Là encore, les promesses n’engagent que ceux qui y croient et deux ans plus tard, Jospin ratifie le traité en compagnie de Chirac.

Les cadeaux aux riches et aux patrons
Si les premières années du premier septennat de Mitterrand sont marquées par une vague sans précédent de nationalisations, Jospin fait exactement l’inverse et privatise plus que Juppé et Balladur réunis. Des cessions totales ou partielles par le biais d’ouvertures du capital ouvrent la voie aux privatisations. Ainsi, c’est à Jospin que l’on doit l’ouverture du capital de France Télécom, Air France, Autoroutes du Sud, Thomson, Aérospatiale (Eramet) et la privatisation de Crédit Lyonnais, CNP, GAN, CIC, alors que pendant la campagne, une déclaration commune PS-PCF du 29 avril prévoyait « pour France Telecom, Thomson et Air France, l’arrêt des privatisations ».

En 2000, Michelin, bien que faisant des bénéfices, décide un plan de licenciements. Jospin déclare alors que « l’État ne peut pas tout » et laisse faire. En 2001, les plans sociaux se succèdent notamment chez Danone, toujours sans réaction du gouvernement, illustrant les propos de Jospin qui disait « oui à l’économie de marché, mais non à la société de marché ».

Sous le gouvernement de la gauche plurielle, les plus riches n’ont pas eu à se plaindre. Ainsi en janvier 1999, DSK alors ministre des Finances, annonce que l’impôt sur les stocks options va passer de 40 % (il avait été relevé par Juppé !) à 26 %. Mais ce coup d’essai n’est pas transformé devant le tollé au sein même de la majorité. Bénéficiant d’une économie plutôt favorable, il s’avère que les rentrées fiscales augmentent donnant lieu à une « cagnotte » de 50 milliards de francs. Mais Fabius, nommé ministre des Finances décide de baisser les impôts, notamment en supprimant la tranche à 55 %.

Les vraies et fausses avancées
La réduction du temps de travail promise pendant la campagne est probablement la mesure phare de la gauche plurielle. Malheureusement la mise en œuvre de la loi sur les 35 heures a été bien moins réjouissante. Cédant au patronat, Aubry, qui en était la promotrice en tant que ministre du Travail, a multiplié les exceptions. Au final, les 35 heures, dont la mise en place progressive s’est étalée jusqu’en 2002, ne concernaient pas les entreprises de moins de 20 salariés, et surtout, la loi a permis d’introduire dans le droit français l’annualisation du temps de travail dont les patrons rêvaient de longue date. En outre, elle s’est accompagnée d’une modération salariale et d’exonérations de cotisations sociales. Au final, de nombreux salariés se sont sentis floués par la mesure et Jospin en campagne présidentielle en 2002, ne l’a même pas mentionnée dans son bilan.

Autre promesse de campagne, les emplois jeunes ont certes permis à près de 200 000 jeunes de sortir du chômage mais au prix d’un contrat de cinq ans dérogatoire au droit du travail qui ne leur laissait par la suite que très peu de perspectives.

Quant à la mise en place de la CMU, si elle a théoriquement permis l’accès aux soins des plus démunis, elle a ouvert la voie par le biais du « panier de soins » à une privatisation de la Sécu et à un droit à la santé à deux vitesses.

Néanmoins on peut citer certaines mesures qui sont clairement des avancées, comme le Pacs, premier pas vers l’égalité entre homos et hétéros, la loi sur la présomption d’innocence, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou la loi Kouchner sur les droits des personnes malades.

Concernant les sans-papiers, une des premières mesures de la gauche plurielle a été une circulaire qui a permis la régularisation de 80 000 d’entre eux mais avec des critères qui en ont laissé près de 65 000 sur le carreau. En 2000, la loi Réséda a repris un certain nombre de ces critères.

La sécurité
Avant la loi sur la sécurité intérieure de la droite, Chevènement ministre de l’Intérieur qui se bat contre les « sauvageons » fait voter la loi sur la sécurité quotidienne qui réprime notamment les personnes se rassemblant dans les cages d’escalier et interdit les rave parties. Dans le PS, l’évolution sécuritaire est menée notamment par Julien Dray qui a déclaré à l’Assemblée alors que Sarkozy présentait son projet de LSI : « Pour le bien-être de notre pays, je ne peux que souhaiter votre succès ».

Lors de la campagne présidentielle de 2002, Jospin est persuadé que son bilan est garant de sa victoire. Ce n’est sûrement pas l’avis des électeurs, il est battu dès le premier tour et quitte la vie politique.

Dominique Angelini

Lien article : http://www.npa2009.org/content/le-ps-au-pouvoir-de-la-social-d%C3%A9mocratie-au-social-lib%C3%A9ralisme  

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lundi 21 mai

MELENCHON INVITE DE RADIO FRANCE POLITIQUE DIMANCHE 20 MAI 2012

Dimanche 20 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission Radio France Politique animée par Thomas Legrand et diffusée sur toutes les chaînes de radio du service public.

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LE DESASTRE ECOLOGIQUE PROVOQUE PAR L'ETRE HUMAIN INCONSCIENT QUI POLLUE TOUT LES OCEANS

Publiée le 17 mai 2012 par 

Découvert en 1999 par le navigateur américain Charles Moore, 
ce qu'on appelle le « 7ème continent » est un gigantesque amas de déchets, 
situé entre les côtes de Hawaï et l'Amérique du Nord. 
Ces millions de tonnes de plastiques s'amassent sur une superficie estimée 
à 3,4 millions de km² selon le Cniid (1), équivalant à plus de six fois la France.
Ce « continent » s'est progressivement formé dans l'océan Pacifique Nord, 
récoltant et concentrant via les courants marins des déchets provenant 
d'Asie du sud-est et d'Amérique de l'Ouest. 
La catastrophe de Fukushima aurait contribué, à elle seule,
à l'ajout de trois millions de tonnes de déchets. 

De par sa position dans les eaux internationales, lesquelles 
appartiennent à tous ou à personne au gré des nécessités, 
chacun se dédouane de ce problème qui ne cesse de grossir. 
Pourtant, l'impact sur l'environnement, et notamment la faune marine, 
est réel (contamination de la chaîne alimentaire etc.). 
Aussi, l'association OSL (Ocean Scientific Logistic) a mis sur pied
une expédition, visant à évaluer l'impact de ce condensé de pollution. 
Afin de le sensibiliser, elle tiendra le public informé de ses recherches 
via un blog dédié (2). Seules deux expéditions scientifiques américaines 
se sont déjà rendues sur place, respectivement en 2006 et en 2009. 
Selon OSL, si rien n'est fait, dans 20 ans, ce continent sera aussi 
grand que l'Europe. 

Sauvez la Méditerranée, ce n'est pas une poubelle !!!
http://www.youtube.com/watch?v=IZYf7Mo5QVk&feature=BFa&list=PL5B5661A...

Agir en Méditerranée :
http://www.facebook.com/photo.php?fbid=252196011527118

[source article : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5166 ]

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EN MEMOIRE D'EMILIENNE MOPTY QUI S'EST BATTUE POUR LE PEUPLE DES MINEURS CONTRE LES NAZIS ET L'EXTREME-DROITE LEUR ALLIE !


MEMOIRE : EMILIENNE MOPTY    QUI EST MORTE POUR DEFENDRE LES VALEURS ET IDEES D'EGALITE,DE JUSTICE SOCIALE, D'HUMANITE ET DE SOLIDARITE ET SE BATTRE POUR LA CLASSE OUVRIERE EXPLOITE ET C'EST UNE VRAIE HEROINE DU PEUPLE ET UNE TRES GRANDE DAME  !

    

Du 27 mai au 9 juin 1941 : la grève générale des mineurs du Nord - Pas-de-Calais

Émilienne Mopty. Femme de mineur, durant la grève, elle prend la tête des manifestations de femmes, à Hénin-Liétard le 29 mai et Billy-Montigny le 4 juin.

Le mouvement s'étend rapidement. Un peu partout, les femmes forment des rassemblements, barrent l'entrée des fosses et exhortent les mineurs à la grève. Elles manifestent devant les bureaux des compagnies, à Liévin, à Hénin-Liétard (Hénin-Beaumont), à Billy-Montigny... Pour les disperser, les Allemands n'hésitent pas à faire usage de leurs armes.

La grève se poursuit. Les troupes allemandes occupent les puits, tandis que les lieux publics, cafés, cinémas... sont fermés et les rassemblements de personnes interdits. Le paiement des salaires est suspendu, les cartes de ravitaillement ne sont plus distribuées.

Les arrestations se multiplient. Hommes et femmes sont emmenés dans les prisons de Loos, Béthune, Douai et Arras. Deus casernes sont transformées en camp d'internement : la caserne Kléber à Lille et la caserne Vincent à Valenciennes.

Le bilan est lourd :

  • Plusieurs centaines de personnes sont arrêtées ;
  • 270 mineurs sont déportés en Allemagne, en juillet 1941 ; 130 y laisseront la vie ;
  • D'autres sont fusillés comme otages au cours de l'année 1941.
  • Ceux qui peuvent échapper à l'arrestation passent dans la clandestinité.

    Le climat de terreur et la faim entament la résolution des grévistes et les mineurs reprennent le travail le 10 juin 1941.

Entrée dans la clandestinité au sein du groupe Charles Debarge, Emilienne Mopty est arrêtée au cours d'une mission par la Gestapo et décapitée à Cologne le 18 janvier 1943.

 

3 juin 2012 : marche pour la fraternité et contre l'austérité, la Marche Emilienne MOPTY.

Lien : http://jean-rumain.over-blog.com/article-memoire-emilienne-mopty-105408233.html

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JEAN LUC MELENCHON EN MEETING A MERICOURT "PAS DE CALAIS" PARLE ET DEFEND AUSSI LES SODIMEDICAL DE PLANCY DANS L'AUBE.......

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dimanche 20 mai

COLOMBIE : L'ARME ET LA MANIPULATION MEDIATIQUE PERMANENTE AU PROFIT DES REACIONNAIRES DE DROITE QUI GOUVERNENT EN COLMOBIE

L’arme médiatique

Loic RAMIREZ


Suite à la capture au combat du journaliste français Roméo Langlois, les FARC posent la question du rôle des médias dans le conflit colombien

Il aura fallut presque 8 jours d’attente pour qu’enfin le secrétariat des Forces armées révolutionnaires de Colombie-armée du peuple (FARC-EP) annonce publiquement détenir le journaliste français Roméo Langlois. Publié par l’agence d’information Anncol (Agencia nacional nueva Colombia, Agence nationale nouvelle Colombie) sur leur site le 6 mai 2012, le communiqué confirme que M.Langlois est entre les mains d’unités du XV Front de la guérilla [1]. Celui-ci est fait prisonnier le 30 avril 2012 dans la province du Caqueta, dans le Sud du pays, lors d’un accrochage entre l’unité militaire qu’il accompagnait et les forces rebelles. Selon la plupart des témoignages, il semble avoir été blessé durant l’affrontement et s’est alors lui-même rendu aux insurgés [2]. Journaliste à France 24, Roméo Langlois a déjà réalisé des reportages sur le conflit colombien et est connu de la guérilla paysanne [3].

Extrait du communiqué :

« La détention en qualité de prisonnier de guerre du journaliste français Roméo Langlois par des unités du XV Front des FARC-EP met en lumière les choses suivantes :

1.Les journalistes que les forces armées colombiennes emmènent avec elles en opérations militaires ne respectent pas l’objectif impartial d’informer sur la réalité, sinon celui de manipuler celle-ci pour qu’elle serve le projet de guerre contre le peuple colombien.

2.Il est bon de se demander quelle aurait été la réaction des autorités colombiennes si un journaliste qui, avec une saine volonté d’informer, aurait accompagné des unités de guérilla et était ensuite capturé par l’armée régulière lors d’un combat. (…)

  • Roméo Langlois portait une tenue militaire de l’armée régulière en plein combat. Nous pensons que le minimum que l’on peut attendre pour la récupération de sa totale mobilité est l’ouverture d’un débat national et international sur la liberté d’informer » [4].
  • Dès la publication du communiqué la condamnation est unanime. « Les prisonniers ne sont, ne peuvent être et ne seront jamais des prisonniers de guerre » a déclaré le président Juan Manuel Santos [5]. Le ministre de la défense, Juan Carlos Pinzon, a pour sa part affirmé que les FARC « tentent de créer un exercice médiatique au lieu de libérer rapidement ce journaliste » [6].

La guérilla a en effet étonné le pays en exigeant que s’ouvre un débat autour de la liberté d’expression et sur le rôle des médias dans le conflit. « Une offense » selon le vice-président colombien Angelino Garzon, pour qui il ne peut y avoir de débat avec les “violeurs des droits humains” [7]. « Nous ne pouvons accepter qu’il soit (R.Langlois) prisonnier de guerre, car la seule arme qu’il avait était sa caméra, outil universel des journalistes » a-t-il poursuivi [8]. C’est là justement que se situe le débat. Pour celle que l’on considère la plus vieille guérilla du continent, la caméra est un acteur déterminant du conflit, comme l’indique le communiqué : « La conception contre-insurrectionnelle de l’état colombien vise à impliquer dans la guerre, en sa faveur, tout le monde, y compris la presse. Qu’une caméra puisse jouer le rôle d’une arme est corroboré par la manipulation médiatique quotidienne dans notre pays » [9]. Si comme le disait Mao l’insurgé « doit être au sein du peuple comme un poisson dans l’eau » il est de l’intérêt du gouvernement “d’assécher” totalement le milieu dans lequel se développe l’insurrection. En découle une guerre de l’information visant à nier toute essence politique de l’adversaire, résumant les FARC à n’être plus qu’une bande de “narco-terroristes” et ce surfant sur les années post 11 septembre 2001. David Galula, stratège français, l’a écrit dans son manuel de la contre-insurrection : « la victoire n’est pas la destruction des forces insurgées et de leur appareil politique dans une région donnée (...) La victoire est cela, plus la rupture définitive des liens entre l’insurgé et la population » [10].

Les mots prennent alors toute leur importance. Bien que la guérilla déclare en février 2012 renoncer aux enlèvements à des fins économiques, la capture du journaliste en plein combat est assimilé à une trahison vis à vis de cet engagement. Le dirigeant guérillero Ivan Marquez a personnellement répondu, dans une lettre, à la journaliste Maria Jimena sur ce point : « Timoleon Jimenez, notre commandant, a consulté tous les blocs et la vérité est qu’aucun ne détient des personnes avec cette intention (...) Vous dites ne pas nous croire lorsque nous annonçons la fin des rétentions économiques, de plus vous nous exigez encore et encore des gestes en direction de la paix, et pas un seul au gouvernement. Peut être s’est évaporé de votre mémoire le fait que nous ayons libéré unilatéralement 500 prisonniers de guerre capturés au combat, ne recevant de l’état aucune réciprocité » [11]Devant la déferlante de critiques de la part de la communauté médiatique sur la libération de Langlois contre l’ouverture d’un débat, peu sont ceux qui y ont apporté un point de vue divergent. Le journaliste Jorge Enrique Botero est de cela. Dans une interview à Radio Nederland il s’est déclaré favorable au questionnement du traitement médiatique de la guerre, « durant cinq décennies les FARC ont été totalement vilipendées, déformées et manipulées au niveau médiatique, et maintenant elles considèrent qu’il est temps de mettre les choses sur la table » [12].

Comme un pied de nez à l’affaire, un journaliste colombien, Luis Ernesto Almario, exilé en Australie (c’est déjà un argument de débat) s’est prononcé pour un échange entre Roméo Langlois et le journaliste Joaquin Pérez Becerra, arrêté par Caracas en avril 2011 [13]et exigé par Bogota pour de supposés liens avec la guérilla. Proposition immédiatement refusé par le Ministre de la Défense.

Au niveau international ce débat aurait pourtant lieu d’être. Les Etats Unis, si prompts à défendre la “liberté” face aux “dictatures”, se sont payé le luxe d’interdire le journaliste franco-colombien Hernando Calvo Ospina de survol de son territoire. Une proscription qui a empêché celui-ci, par deux fois, de prendre l’avion, et ce récemment : le 6 mai 2012, un vol à destination de Cuba [14]. La France, si ce n’est lorsque l’un de ses ressortissant est retenu prisonnier (comme Ingrid Betancourt à l’époque, Roméo Langlois aujourd’hui) ne traite quasiment jamais de l’actualité du pays andin. La guérilla n’y est traitée que comme le résultat d’un folklore éternel issu des pays latino-américains, mêlant dans l’imaginaire narcotrafiquants et barbus avec fusil à l’épaule. Combien sont ils à connaître les racines de cette insurrection paysanne de plus de 50 ans ? Combien savent ce qu’il en a coûté à ces femmes et ces hommes en armes d’emprunter les voies démocratiques en 1985 sous le drapeau de l’Union Patriotique ? Combien, lorsque Roméo Langlois rentrera en France, se pencheront sur le sort des syndicalistes et dirigeants de gauche assassinés par les groupes paramilitaires ?

Divulgué par l’agence d’information cubaine Prensa Latina, un communiqué des FARC, datant du 13 mai, annonce la prochaine libération de Roméo Langlois. Il termine par : « Une fois libre, le journaliste Langlois pourra terminer d’accomplir le rôle espéré par le gouvernement de Colombie, ses forces armées et ses grands médias. Du contraire, il pourra rester fidèle à sa conscience et se référer à la vérité ; si tel est le cas, il se peut que ceux qui aujourd’hui exigent sa libération immédiate s’acharnent sur lui jusqu’à le détruire complètement » [15].

Loïc Ramirez

Lien :  http://www.legrandsoir.info/l-arme-mediatique.html    

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